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Tensions avec les policiers de Montréal?

TVA Nouvelles

Alors que les tensions sont vives aux États-Unis entre les policiers et les membres de la communauté noire, le maire de Montréal ne croit pas que ce soit le cas ici. Pourtant, des experts disent le contraire.

Certains policiers du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) croient surtout qu'il est important de distinguer le profilage racial du profilage criminel.

Pourtant les intervenants rencontrés par TVA Nouvelles disent le contraire, mais surtout qu'il y a toujours du travail à faire.

C'est notamment le cas de Richard Thouin, ancien cadre-conseil en emploi de la force SPVM, qui assure ne se baser que sur des faits.

«Si on prend une situation comme Dallas, où une personne, suite à des tensions raciales dans des organisations policières et les gens de la rue, il y a une escalade. Une personne décide de prendre les armes et d'abattre cinq policiers», explique M. Thouin.

Selon lui, il y a un parallèle à faire avec les émeutes de Montréal-Nord en 2008.

«Suite à l'affaire Villanueva, on a eu la même chose. On a eu une manifestation, on a eu une gradation, on a eu une émeute, on a mis le feu à une partie de la ville. En finalité, les policiers recevaient des blocs de ciment à travers les pare-brise. Ce qu'il faut retenir c'est qu'il y a une policière qui a été la cible d'un tireur, elle a été atteinte à une jambe, elle a reçu un projectile d'arme à feu», ajoute-t-il.

Contrairement aux affirmations du maire Coderre qui ne croit pas que ce pourrait arriver, M. Thouin croit plutôt que c'est possible.

Pour éviter d'autres événements du genre, le SPVM a procédé à plusieurs modifications, notamment en ce qui à trait à la formation des policiers.

«Il y a eu beaucoup de changement, au niveau de la formation des policiers. On a mis en place certaines stratégies, on a formé les policiers à parer l'éventualité d'un tireur du genre. Mais il faut travailler en amont et c'est ce que le SPVM a fait depuis plusieurs années», de dire l'ex-cadre-conseil.

Il y a également un travail important d'éducation à faire avec la population. «Il faut instruire les gens. Quand vous êtes interpellés, il y a la loi, le travail du policier dans lequel il a des devoirs et des pouvoirs. Si on vous informe que vous êtes en infraction, qu'on vous demande de vous identifier, faites-le donc», insiste-t-il.

Mais il y a des efforts qui ont été faits depuis les événements de Montréal-Nord pour permettre aux policiers de se rapprocher de la communauté afro-américaine. Des barbecues, par exemple, des parties de soccer et des parties de basket-ball ont été organisés, entre autres.

Est-ce que c'est suffisant? «Il y a des jeunes qui continuent à se faire profiler. Il y a des jeunes qui continuent à se faire arrêter pour aucune raison. Puis, il y a des jeunes qui continuent à se sentir exclus par leur propre société. Donc, il faut savoir que, non, il n'y a pas beaucoup de choses qui se passent. Puis, deuxièmement, on n'a pas le luxe d'attendre comme ça. C'est urgent!» affirme Émilie Nicolas, présidente de Québec inclusif.

Cet intervenant, qui travaille auprès des jeunes en difficulté, dit que c'est deux poids, deux mesures.

«Il y a une culture de haine envers ce qui est différent aux États-Unis depuis des années. C'est ancré. Tandis qu'ici, c'est beaucoup plus camouflé, c'est beaucoup plus en-dessous. Mais c'est sûr que je préfère vivre au Québec, au Canada, que d'être ailleurs», soutient Charles Ali Nestor, fondateur de l'organisme Ali et les Princes de la rue.

Pour lui, n'en demeure pas moins que le racisme reste un combat de tous les jours.

TVA Nouvelles a contacté le SPVM qui n'a pas voulu commenter.

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