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Le rapport accablant sur les attentats de Paris

TVA Nouvelles et AFP

La commission d’enquête parlementaire sur les attentats de Paris a rendu son rapport ce mardi après plus de six mois d’investigation.

Ce rapport de près de 300 pages met en avant plusieurs défaillances au niveau du renseignement en France et dans le reste de l’Europe.

«Ils (les terroristes, NDLR) avaient tous déjà été fichés, contrôlés, écoutés ou incarcérés à un moment ou un autre de leur vie», écrit la commission.

Papiers d’identité pour un futur kamikaze

Samy Amimour, un des kamikazes de la salle de spectacle Le Bataclan, était dans la mire des autorités françaises depuis l’automne 2013, date de son départ en Syrie. Son passeport lui avait alors été retiré, car il était sous le coup d’une interdiction de sortie du territoire.

Amimour a cependant réussi à se procurer de nouveaux papiers d’identité à un bureau de préfecture après avoir expliqué qu’on les lui avait volés.

À aucun moment le fonctionnaire d’état civil n’a consulté le fichier des personnes recherchées, cette démarche n’étant ni obligatoire ni systématique.

Arrestation manquée du «cerveau» des attaques du 13 novembre

Parmi les ratés, le rapport pointe le manque de coopération entre les polices européennes.

Ainsi, le cerveau des attaques du 13 novembre 2015, Abdelhamid Abaaoud, a failli être arrêt en janvier 2015 alors qu’il se trouvait à Athènes en Grèce.

Les policiers français avaient cependant prévenu leurs collègues grecs 15 minutes trop tard, Abaaoud ayant eu le temps de fuir le pays.

Manque de coopération entre les forces de police française

Par ailleurs, des gendarmes d'élite français du Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) s'en sont pris vivement à leur chef dans une lettre anonyme ces dernières semaines, lui reprochant d'être «peu courageux» et de ne pas avoir engagé ses hommes lors des attentats du 13 novembre.

Selon le courrier anonyme, ce groupe de gendarmes était prêt à intervenir dans la salle de concert du Bataclan, où des jihadistes ont abattu 90 personnes.

«Alors que nous étions 40 opérationnels (...) prêts à mener un assaut, prêts à faire cesser la tuerie», le colonel Bonneau «attendait sagement d'être appelé» et «se cachait derrière une histoire de compétence territoriale», accusent-ils, se disant «scandalisés et traumatisés par cet événement».

L'assaut au Bataclan contre les jihadistes a été mené par les unités d'élite de la police.

La commission d'enquête parlementaire sur les attentats a conclu qu'il n'était «pas nécessaire» de solliciter le GIGN, estimant que les unités d'élite de la police, la BRI et le Raid, étaient mobilisées en nombre suffisant à la salle de spectacles.

Le terrorisme a fait près de 150 victimes en France depuis janvier 2015.

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