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«Ça ne ressemblait pas du tout à un attentat»

TVA Nouvelles

Au lendemain de l'attentat de Nice qui a fait des dizaines de morts, la population est choquée alors qu'on se demande comment le terroriste a pu s'aventurer en camion dans une zone pourtant fermée à la circulation.

«On est choqué parce que la route était normalement fermée, moi-même je n'ai pas pu passer en voiture et on se demande comment un camion a pu passer. Il y avait un barrage de la police nationale et ce camion a quand même pu rouler et tuer des gens», a affirmé en entrevue à TVA Nouvelles Karim Tigrine, qui se trouvait sur place avec des membres de sa famille.

L'homme, visiblement toujours sous le choc de ce qu'il a vécu, croit que le tueur a tout mis en oeuvre pour faire le plus de victimes possible.

«Avec la fin des feux d'artifice, les gens ne savaient pas que c'était des coups de feu. S'il a agi à ce moment-là, c'est peut-être pour tirer tout en faisant croire aux gens que c'était encore des pétards. Même des gens en voyant ce qui se passait ne se sont pas échappés parce qu'ils n'y croyaient pas. C'est allé très vite. On voyait des gens voler et après il y a eu un mouvement de foule, les gens ont commencé à partir en courant. [...] Ça ne ressemblait pas du tout à un attentat ni à une attaque, c'est le mouvement de foule qui a sauvé beaucoup de gens», a ajouté M. Tigrine.

Celui qui a été témoin de la scène raconte aussi que plusieurs personnes qui se trouvaient sur la plage au moment de l'attaque ne se sont jamais rendu compte de ce qui se passait et que c'est sans doute ce qui a fait la différence pour eux entre survivre ou mourir.

«Beaucoup de gens entendaient des cris et pensaient que c'était une bagarre alors les gens ont préféré rester sur la plage et c'est peut-être ça qui les a sauvés.»

Un attentat «unique»

Karim Tigrine qualifie également d'«unique» la façon dont le terroriste s'y est pris pour commettre son massacre. L'homme affirme ne jamais avoir entendu parler d'une histoire pareil.

«Quand vous parlez d'attentat en France, il n'y a jamais eu ça. Je pense que c'est une première en Europe. Dans certains pays du Moyen-Orient, les camions sont piégés, mais ne font pas ça! Je crois que c'est la première fois que j'entends parler de ça.»

«Il n'y avait pas que des touristes, il y avait des Niçois. Ce criminel n'a visé personne, il a massacré! Il y avait de tout: femmes, enfants, personnages, handicapés... Des musulmans, des non-musulmans... Ce n'est pas un acte ciblé», ajoute M. Tigrine.

Malgré les coups encaissés par la France depuis le sinistre attentat de Charlie Hebdo, l'homme refuse de céder à la peur et de changer son mode de vie.

«On n’est ni à Beyrouth ni à Bagdad! On n'a pas la tête à faire la fête aujourd'hui ni à aller à la plage, mais heureusement que c'est un acte isolé. C'est un acte qui peut donner prétexte à d'autres de le faire, mais ce n'est pas pour autant qu'on ne va pas vivre», conclut Karim Tigrine.

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