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«Non, je ne suis pas le "monstre qui a ensanglanté Nice"»

Agence QMI

Un Tunisien vivant à Nice, en vacances dans son pays d’origine au moment du carnage de la Promenade des Anglais, est terrifié et n’ose plus rentrer en France parce qu’il porte le même nom que le tueur.

«L’Obs - Le Plus», un média français, a publié une lettre de Mohamed Bouhlel, vendredi, au lendemain du massacre, dans laquelle il raconte son désarroi.

«Depuis ce matin (vendredi), ça n’arrête pas. Je suis assailli de messages de haine sur Facebook. Certains m’écrivent même : «va brûler en enfer !». Mon téléphone sonne en continu, mes proches sont inquiets pour moi. Mon nom ? Mohamed Bouhlel... Oui, comme l’homme qui a fait plus de 80 morts à Nice le soir du 14 juillet sur la Promenade des Anglais. Ce fou est mon homonyme et je paie ce hasard très cher.»

M. Bouhlel soutient que, depuis qu’il a ouvert son téléphone vendredi matin et qu’il a appris ce qui s’était passé la veille à Nice et qu’il reçoit des messages de haine, son malaise est «total» et douloureux, alors qu’il attend encore des nouvelles de certains de ses proches à Nice.

La confusion à son sujet vient notamment d’une capture d’écran de la photo de son profil Facebook qui a été partagée sur Twitter avec des légendes de ce type : «Le visage du #monstre qui a ensanglanté Nice : #Mohamed Lahouaiej Bouhlel. Qu'il soit maudit».

«Sans aucun travail de recherche, quelqu’un s’est bêtement permis de me confondre avec le tueur et de répandre cette rumeur.»

Selon lui, en Tunisie, «les Mohamed Bouhlel, c’est un peu comme les Pierre Dupont en France». «Il y en a des centaines. Le prénom est aussi répandu que le nom. Il suffit de regarder sur internet pour voir que nous sommes beaucoup à nous appeler ainsi.»

Il dit être «chamboulé» par cette situation au point de ne plus oser rentrer à Nice, alors que son retour était prévu pour ce vendredi.

Il a porté plainte à la police, en Tunisie, contre la personne - même s’il ne connait pas encore son identité - qui a diffusé sa photo sur les réseaux sociaux en l’associant à la tuerie de Nice. Il dit vouloir blanchir son nom et espère «que la vérité éclatera».

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