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Polémique autour de la couverture «brutale» de l'attaque à Nice

TVA Nouvelles et Agence France-Presse

La chaîne de télévision France 2 a présenté ses excuses au lendemain d’une couverture de l’attentat de Nice qui a soulevé l’ire des téléspectateurs dans l’Hexagone.

Pendant son édition spéciale sur les terribles événements à Nice, la chaîne France 2 a présenté des images de cadavres, sans flou, à peine quelques minutes après la tragédie.

Un journaliste de la chaîne a également mené une entrevue avec un homme allongé aux côtés du corps de sa femme décédée.

Les téléspectateurs et internautes n’ont pas manqué se souligner la brutalité des images.

Vendredi matin, une présentatrice a présenté ses excuses au nom de la chaîne France 2 pour le traitement de l’attaque.

«Ces images brutales, qui n'ont pas été vérifiées selon les usages, ont suscité de vives réactions. Une erreur de jugement a été commise en raison de ces circonstances particulières.

La diffusion de ce type d'images ne correspond pas à la conception de l'information des journalistes des équipes et de l'entreprise. France Télévisions tient à présenter ses excuses», peut-on lire dans la déclaration officielle de la chaîne.

Des rumeurs propagées par erreur

France 2 n’est pas le seul média à avoir commis des erreurs jeudi soir: plusieurs membres des équipes habituelles étaient en congé en cette Fête nationale en France.

Plusieurs autres médias français ont aussi diffusé dans la nuit des images amateur de victimes sur la Promenade des Anglais de Nice, s'attirant les critiques de téléspectateurs et un rappel à l'ordre de l'instance de contrôle des médias, le CSA.

Sur les antennes des chaînes privées LCI et iTélé, la rumeur d'une prise d'otages dans un restaurant niçois a été reprise avant d'être démentie par le ministère de l'Intérieur.

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a appelé vendredi l'ensemble des médias audiovisuels à «la prudence et la retenue, protectrices de la dignité humaine et de la douleur des personnes».

Sur les réseaux sociaux, de nombreux clichés et vidéos sanglants circulaient quelques minutes après l'attentat, alors qu'au même moment se multipliaient les appels à ne pas diffuser ces images.

«Par respect pour les victimes et leurs familles, ne contribuez pas à la diffusion de photos ou de vidéos des scènes de crime», a recommandé dans la nuit la police française sur son compte Twitter, comme elle l'avait fait lors des attentats du 13 novembre à Paris (130 morts, des centaines de blessés).

La vidéo d'un spectateur qui a filmé le parcours meurtrier du camion, montrant des blessés et des morts, a notamment été diffusée sur Facebook avant d'être reprise par des médias étrangers.

Plusieurs chaînes continuaient de diffuser vendredi des images du camion fou roulant sur la Promenade, poursuivi par un motard. Mais elles avaient pris le soin de choisir un extrait où le camion ne faisait pas de victimes.

Après les attentats de janvier 2015, 16 médias avaient été mis en demeure par le CSA. Certains d'entre eux avaient notamment pris le risque de mettre en danger la vie de certains otages en signalant leur présence à l'antenne.

Aucun manquement majeur n'avait été constaté en revanche par le CSA dans le traitement médiatique des attentats du 13 novembre.

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