/news/world

L'État islamique revendique l’attentat de Nice

Agence France-Presse

Le groupe jihadiste État islamique a revendiqué samedi l'attentat de Nice sur la Côte d'Azur, un carnage dont l'ampleur, le mode opératoire et le profil de son auteur placent la France face à «un attentat de type nouveau» selon les autorités.

Encore sous le choc de cette tuerie de masse perpétrée à l'aide d'un camion - une première en France -, hantés par des images atroces d'enfants écrasés, des rescapés ou des proches des victimes cherchaient samedi des informations ou du soutien psychologique dans plusieurs hôpitaux de cette ville du sud-est.

84 personnes, dont 10 enfants et adolescents, ont été tuées jeudi soir sur la célèbre Promenade des Anglais de Nice à l'issue du feu d'artifice de la fête nationale du 14 juillet, par le camion conduit par un Tunisien de 31 ans, Mohamed Lahouaiej-Bouhlel. Cinq enfants étaient toujours samedi entre la vie et la mort, dont un garçon de huit ans non identifié. 16 corps étaient n'étaient toujours pas identifiés.

L'auteur de l'attaque, que le groupe jihadiste EI a présenté dans sa revendication comme «un soldat de l'État islamique», semblait jusque-là avoir davantage un profil de déséquilibré, était inconnu des services de renseignement et n'avait pas de liens avérés avec l'islamisme radical.

«Il semble qu'il se soit radicalisé très rapidement, ce sont des premiers éléments qui apparaissent à travers les témoignages de son entourage», a déclaré le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve à l'issue d'une réunion de crise du gouvernement à l'Élysée.

«Nous sommes désormais confrontés aux individus qui sensibles au message de Daech (acronyme arabe de l'EI) s'engagent dans des actions extrêmement violentes sans nécessairement avoir participé aux combats, sans nécessairement avoir été entraînés et sans disposer d'armes destinées aux attentats de masse», a ajouté M. Cazeneuve. «Nous sommes face à un attentat de type nouveau», qui illustre «l'extrême complexité de la lutte antiterroriste».

Mohamed Lahouaiej-Bouhlel était seulement connu de la justice pour des «faits de menaces, violences, vols et dégradations commis entre 2010 et 2016».

Selon son père, il avait fait une dépression au début des années 2000 et n'avait pas de pratique religieuse affichée.

Quatre hommes de l'entourage du Tunisien ont été placés en garde en vue. L'ex-épouse du tueur, abattu par la police après avoir écrasé familles et touristes sur la célèbre Promenade des Anglais, était toujours en garde à vue samedi matin.

L'attentat de Nice constitue la troisième attaque de masse ayant visé la France, après les attentats de janvier 2015 contre le journal Charlie-Hebdo, des policiers et des juifs (17 morts) et les tueries de novembre 2015 (130 morts à Paris).

Elle a replongé la population dans l'effroi, mais cette fois la cohésion nationale, invoquée après les précédentes attaques, a volé en éclats, plusieurs responsables de droite et d'extrême droite ayant accusé les autorités de ne pas avoir pris de mesures de sécurité suffisantes alors que ce pays est en état d'urgence depuis novembre 2015 en raison du risque terroriste.

Pendant la réunion de crise samedi, le président français François Hollande a lancé un appel à la «cohésion» et à «l'unité» en France et dénoncé les «tentations de diviser un pays», selon le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll.

«L'idée qu'il (le président) se fait de la France, c'est que ça doit rester un grand pays du vivre ensemble, l'idée qu'il se fait de la France, c'est un pays qui respecte ses valeurs et ses principes et ses valeurs républicaines», a-t-il ajouté.

Nombre de quotidiens s'interrogeaient aussi samedi sur la façon dont le camion frigorifique de 19 tonnes avait pu pénétrer jeudi soir en pleine fête nationale dans une enceinte réservée aux piétons et sécurisée par les forces de l'ordre en période d'état d'urgence.

L'attentat de Nice constitue la troisième attaque de masse ayant visé la France, après celles de janvier 2015 contre le journal Charlie-Hebdo, des policiers et des juifs (17 morts) et de novembre 2015 (130 morts à Paris).

Elle a replongé les Français dans l'effroi mais cette fois la cohésion nationale, invoquée après les précédentes attaques, a volé en éclats: l'opposition a dénoncé l'inefficacité des autorités alors que le pays est en état d'urgence depuis novembre en raison du risque terroriste.

La chef du parti d'extrême droite Front national, Marine Le Pen, a même appelé à la démission du ministre de l'Intérieur en pointant les «carences gravissimes de l'État dans sa mission première, la protection de nos compatriotes».

Pendant la réunion de crise samedi, le président François Hollande a appelé à la «cohésion» et à «l'unité» et dénoncé les «tentations de diviser un pays», selon le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll.

Nombre de quotidiens s'interrogeaient samedi sur la façon dont le camion frigorifique de 19 tonnes avait pu pénétrer jeudi soir dans une enceinte réservée aux piétons et sécurisée par les forces de l'ordre.

Le ministre de l'Intérieur a balayé ces critiques, répétant que la police était «présente, très présente» jeudi soir. Le camion a forcé le passage en montant sur le trottoir, a-t-il rappelé.

Mais dans les rues de Nice, certains clamaient leur «ras-le-bol», comme Nicole Autard, expliquant à l'AFP se sentir «à la merci» d'actes difficiles à anticiper.

La colère était visible dans les messages déposés par les passants: «Assez de discours!», «Marre des carnages dans nos rues!», «Arrêtons le massacre!».

Au moins 17 étrangers ont trouvé la mort dans l'attaque, dont trois Allemands, deux Américains, trois Tunisiens et trois Algériens.

Une minute de silence sera observée lundi à 12h en hommage aux victimes.

Le président français a annoncé la prolongation pour trois mois supplémentaires de l'état d'urgence. Ce régime d'exception, décrété après les attentats du 13 novembre, facilite notamment les perquisitions et l'assignation à résidence de suspects.

Dans la même catégorie