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Déluge du Saguenay: une gestion de crise revue de fond en comble

Louis Gagné | Agence QMI

Le ministère de la Sécurité publique affirme avoir tiré les leçons des inondations qui ont déferlé sur le Saguenay, la Côte-Nord et la région de Charlevoix à l’été 1996.

Rédigé dans les mois ayant suivi le sinistre, le rapport Cazalis avait identifié certaines lacunes dans la capacité des autorités civiles à prévenir et gérer ce type de catastrophe naturelle.

Les auteurs du document avaient notamment fait ressortir l’absence de système de veille ou d’alerte permanent, une situation susceptible «d’entraîner des retards et de la confusion dans la transmission des alertes et la mobilisation des ressources» en cas de sinistre».

Un autre rapport d’enquête, préparé sous la supervision de l’ingénieur Roger Nicolet, avait mis en lumière de sérieux manquements dans la gestion des barrages et des zones d’inondation.

Les recommandations formulées dans les rapports Cazalis et Nicolet ont amené les ministères concernés, dont celui de la Sécurité publique, et leurs partenaires à mettre en place une série de mesures pour améliorer les mécanismes d’intervention en temps de crise.

«Pour le gouvernement du Québec, il était essentiel de tirer des leçons d’une telle catastrophe», a indiqué en entrevue Éric Houde, directeur des opérations à la Direction de la sécurité civile du ministère de la Sécurité publique.

Une veille permanente

Québec a donc mis sur pied le Centre des opérations gouvernementales (COG), un organisme de veille ouvert 24 heures sur 24, sept jours sur sept. Le COG a pour but «d’anticiper les événements pouvant compromettre la sécurité des citoyens grâce à une surveillance continue du territoire».

En plus d’informer et d’alerter les intervenants concernés, le centre coordonne les opérations lorsque surviennent des situations d’urgence, des crises ou des sinistres majeurs. Le COG est au service de l’Organisation de la sécurité civile du Québec, qui est placé sous la responsabilité du MSP.

À la suite des inondations de l’été 1996, le gouvernement a également adopté un nouveau Plan national de sécurité civile (PNSC), qui vise principalement à concerter les actions des pouvoirs publics en temps de crise.

Le PNSC établit le partage des responsabilités de chaque ministère ou organisme public en fonction de son expertise afin de répondre plus efficacement aux besoins des populations sinistrées.

À titre d’exemple, les communications relèvent du ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale (Services Québec), alors que la Sûreté du Québec prend en charge les évacuations de citoyens, leur réintégration ainsi que leur sécurité.

Le gouvernement a en outre contribué à la mise en place de comités de bassin pour les crues printanières. Coordonnés par les directions régionales du ministère de la Sécurité publique, ces comités effectuent la surveillance des crues et permettent de prendre des décisions concertées sur la gestion des cours d’eau entre les différents intervenants gouvernementaux et municipaux.

Des pratiques qui évoluent

Les changements apportés dans la foulée du déluge du Saguenay et de la crise du verglas (1998) ont contribué à mieux répondre à d’autres crises nationales telles que les inondations en Montérégie au printemps 2011 et la tragédie ferroviaire de Lac-Mégantic en juillet 2013.

«Le ministère de la Sécurité publique, par le biais de l’Organisation de la sécurité civile du Québec, est en processus constant d’adaptation et d’amélioration afin de mieux répondre aux besoins des communautés éprouvées par des sinistres de toutes natures», mentionne Éric Houde.

Le directeur des opérations à la Direction de la sécurité civile tient cependant à rappeler que la réponse à un sinistre dépend en grande partie du niveau de préparation des municipalités, qui ont l’obligation de mettre en place un plan sécurité civile pour assurer la protection de leurs citoyens.

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