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Assurance: le déluge a provoqué une prise de conscience

Carl Renaud | Argent

ARCHIVES JOURNAL DE QUÉBEC

Le déluge du Saguenay a provoqué une importante prise de conscience dans le domaine de l’assurance, en 1996. Les Québécois, comme les autres Canadiens, n’étaient pas suffisamment protégés contre les inondations.

Plusieurs victimes du déluge n’ont pas pu reconstruire leur propriété car le fonds d’indemnisation de l’État accordait à l’époque un maximum de 100 000$ aux sinistrés et que les chalets n’étaient pas couverts.

La somme a été haussée à 150 000$ lors des inondations du bassin du lac Champlain et de la rivière Richelieu, en 2011.

«Ça demeure peu élevé pour une maison qui est une perte totale. Le fonds a été créé dans les années 1970, quand la somme était suffisante», a expliqué à Argent le courtier d’assurances Louis Cyr, président de Louis Cyr Assurances.

Au Saguenay, les assureurs privés ont remboursé les dommages causés aux voitures et aux commerces. Mais pas ceux qui touchaient les propriétés résidentielles.

Il y a 20 ans, les compagnies d’assurance ne couvraient pas les sinistres provoqués aux propriétés par des catastrophes naturelles comme des inondations, des coulées de boue, des glissements de terrain ou des raz-de-marée.

C’est encore le cas aujourd’hui à l’exception d’une seule entreprise, Aviva, dont les primes sont élevées, a indiqué Louis Cyr. Pourtant, la demande est importante pour ce produit. Les changements climatiques ayant accru la fréquence des catastrophes naturelles.

«Plusieurs propriétaires aimeraient avoir la protection parce que les indemnités de l’État ne sont pas assez élevées. Les assureurs sont prêts à offrir le produit mais ils veulent pouvoir fixer la prime en fonction de leur risque», a poursuivi Louis Cyr.

Le courtier a précisé que, dans les pays européens, les assureurs doivent verser de 6% à 15% des primes perçues dans un fonds d’urgence destiné aux victimes de catastrophe naturelles. Le pourcentage est ajusté, annuellement, en fonction des réclamations de l’année précédente.

Lors d’une catastrophe, les sinistrés sont dédommagés en fonction de la valeur de leurs biens. Un concept que Louis Cyr aimerait bien voir apparaître au pays.

À la suite du déluge du Saguenay, les assureurs ont remboursé des sinistres d’une valeur de plus de 207 millions $, même si les propriétés n’étaient pas couvertes, selon des données du Bureau d’assurance du Canada (BAC) consultées par Argent.