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Les cicatrices encore visibles de Ferland-et-Boilleau

Sonia Lavoie | TVA Nouvelles

Pour plusieurs, la petite maison blanche à Saguenay demeure le symbole du déluge de 1996, mais, 20 ans plus tard, d'autres secteurs de la région témoignent encore de la gravité des inondations.

À Ferland-et-Boilleau notamment, les cicatrices sont encore bien visibles dans le paysage et dans le coeur des sinistrés.

C’est à cet endroit qu’en 1996 tout un lac s'est déversé sur le village. La digue du lac Ha ! Ha ! s'est rompue entraînant un coup d'eau jamais vu.

Au total, 26 millions de mètres cubes d'eau se sont déversés en 18 heures sur le village et dans la rivière des Ha ! Ha !

Sur 32 kilomètres, jusqu'à La Baie, des maisons ont été inondées, emportées, des routes ont disparu, des berges ont été ravagées.

La rivière s'est même frayé un nouveau lit à certains endroits, 20 mètres plus bas qu'avant le déluge. Sur son passage, elle a emporté deux montagnes créant un fossé de 175 mètres de large sur un demi-kilomètre. Les experts ont comparé le phénomène au passage d'un glacier.

Les résidents appellent maintenant ce secteur de la rivière des Ha ! Ha! le «canyon», un endroit encore bien visible même si la végétation a poussé depuis.

«On est chanceux qu'il n'y est pas eu de mort», lance Guy Gagnon, un conseiller municipal de l'époque qui n’avait pas voulu être évacué. M. Gagnon a assisté au sauvetage de plusieurs voisins, coincés entre la rivière des Ha ! Ha ! et un ruisseau devenu monstre.

Ce samedi matin-là de 1996, à 6 h, 50 personnes en détresse à Ferland-et-Boilleau étaient évacuées en hélicoptère par les militaires de Bagotville. Certains, même, avec des treuils. En début de soirée, 300 autres résidents étaient secourus.

Réal Simard a permis à des voisins d'éviter la catastrophe en les avisant de quitter leur résidence. Ce dernier est venu en aide à un couple, parents d’un jeune bébé de huit mois. M. Simard se souvient avoir utilisé sa chaloupe et son petit moteur de deux chevaux pour traverser la rivière déchaînée afin de permettre à la petite famille de partir en hélicoptère.

«La rivière faisait tellement de bruit qu'on ne s'entendait pas parler ! Ça grondait, les roches roulaient», raconte-t-il.

Pour Doris Dallaire, c'est beaucoup plus le souvenir d'avoir dû faire brûler sa résidence, devenue irrécupérable après les inondations, qui fait toujours mal. «Ça m'a fait encore plus mal au coeur que de la voir dans l'eau. Encore aujourd'hui, quand il pleut, je suis inquiète», confie-t-elle.

Vingt ans plus tard, les résidents de Ferland-et-Boilleau admettent n'avoir rien oublié de ces images qu'ils ne souhaitent désormais plus se remémorer.

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