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Erdogan appelle à la prière depuis le complexe présidentiel

Agence France-Presse 

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a lancé jeudi l'appel à la prière du matin depuis la mosquée du complexe présidentiel d'Ankara, cinq jours après l'échec d'un putsch militaire visant à le renverser.

Diffusé via les haut-parleurs de la mosquée, l'enregistrement a été mis en ligne sur le site internet du quotidien progouvernemental Yeni Safak.

Dans des textos signés RTErdogan et envoyés sur des téléphones portables dans le pays, le chef de l'État a également appelé les citoyens turcs à continuer à descendre dans la rue pour résister aux «terroristes». «Les propriétaires des places (des villes) ne sont pas les tanks. Les propriétaires sont la nation», selon ce message.

Ankara accuse les partisans du prédicateur exilé aux États-Unis Fethullah Gülen, d'avoir fomenté ce coup d'État manqué.

Annoncé mercredi soir, l'état d'urgence est entré en vigueur après sa publication jeudi dans le Journal officiel turc.

Prévu par l'article 120 de la Constitution, il peut être imposé sur tout ou partie du territoire pour une période maximale de six mois en cas de risque grave d'actes de violence destinés à détruire l'ordre démocratique, selon l'agence Anadolu. Il prévoit notamment des restrictions aux libertés de manifester ou de circuler.

Les purges des différentes administrations sont massives depuis l'échec du putsch: arrêtées, suspendues, limogées, quelque 55 000 personnes, notamment dans l'enseignement, la police, la justice, l'armée et les médias, sont concernées. Quelque 9000 ont été interpellées ou placées en garde à vue.

«Nous continuerons à nous battre pour éliminer ces virus des forces armées. Vous constatez que nous continuons à travailler pour éliminer ce type de virus des autres institutions et de la police, et nous allons continuer avec détermination», a prévenu mercredi soir le président turc.

L'ampleur de la répression a suscité de vives critiques à l'étranger, Berlin dénonçant des mesures «contraires à un mode d'action respectant l'État de droit».

Mais Recep Tayyip Erdogan reste inflexible, tout en s'engageant à ne faire «aucun compromis» sur la démocratie.

«L'objet de l'état d'urgence est de prendre les mesures nécessaires, aussi efficacement et rapidement que possible, pour éliminer la menace sur la démocratie, sur l'état de droit, sur les droits et la liberté de nos citoyens, dans notre pays», a expliqué le président turc.

Mercredi soir, son aide de camp Ali Yazici, soupçonné d'avoir soutenu le putsch, a été maintenu en détention par la justice turque.

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