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Pourquoi l’application «Alerte attentat» a échoué son premier test

TVA Nouvelles

Les raisons derrière le dysfonctionnement du SAIP (Système d’alerte et d’information des populations) le soir de la tuerie de Nice ont été révélées mercredi matin.

L’application conçue pour informer la population française en cas d’attentat a été victime d’une succession de précipitations, de mauvaise communication et de malchance.

À l’aide du service de géolocalisation des appareils mobiles, l’application SAIP devait envoyer une alerte à ses usagers dans un certain rayon de l’attentat en quinze minutes maximum. En pratique, il a fallu près de trois heures avant que cela survienne.

Le Monde rapporte que l’entreprise de logiciels Deveryware s’est chargée du développement du SAIP. Le projet, qui a coûté près de 400 000 euros au gouvernement français, a dû être réalisé en deux mois afin qu’elle soit lancée avant l’Euro. Ce court délai a contraint Deveryware à avoir recours à des serveurs externes pour assurer le fonctionnement de l’application plutôt qu’à la mise en place de leurs propres serveurs redondants.

Le 13 juillet, soit la veille de l’attentat, les serveurs de l’hébergeur de l’application, Numergy, tombent en panne. Le matin suivant, l’entreprise informe Deveryware de cette nouvelle, et leurs ingénieurs parviennent à remédier à la situation au courant de la journée.

Une fois la panne réglée, Deveryware redémarre son système, et l’entreprise prétend que l’application est à nouveau fonctionnelle, d’après une source proche du dossier.

Quelques heures plus tard, le soir du 14 juillet, les autorités françaises informent l’entreprise de l’attentat en cours. Après l’échec de l’envoi d’une alerte mobile, Deveryware se rend compte que le redémarrage de leur système plus tôt dans la journée a échoué.

Un nouveau redémarrage de système s’impose et l’alerte est envoyée aux utilisateurs de l’application à 1h35 dans la nuit du 14 au 15 juillet. La tuerie est survenue près de trois heures plus tôt.

Le gouvernement dit avoir appris de cette erreur: cette situation ne devrait pas se reproduire dans le cas d’un prochain attentat.

«Un plan d’action a été demandé dans un délai très bref. Le gestionnaire de l’application s’est engagé à présenter des mesures collectives dès lundi le 18 juillet pour assurer une parfaite fiabilité des modalités de déclenchement de l’alerte des populations via SAIP», a indiqué le ministère de l’Intérieur de la France. L’application devrait maintenant s’appuyer sur plusieurs serveurs au lieu d’un seul.

 

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