/news/world

Trump sous pression avant l'acceptation de l'investiture

Agence France-Presse

Point culminant d'une convention d'investiture mouvementée, le candidat républicain à la Maison-Blanche Donald Trump livrera jeudi soir à Cleveland sa vision du monde et de la campagne électorale à venir contre Hillary Clinton.

Rite de passage pour tout candidat à la présidentielle, le discours d'acceptation formelle de l'investiture est un exercice délicat, diffusé sur toutes les grandes chaînes américaines. Plus de 20 millions de téléspectateurs ont suivi les premières soirées de la convention.

Paul Manafort, son directeur de campagne, promet un discours offrant un véritable projet pour l'Amérique, mais aussi un accent fort mis sur le terrorisme «étant donné ce qui s'est passé aux États-Unis et dans le monde au cours du mois écoulé».

Donald Trump affrontera le 8 novembre Hillary Clinton dont l'avance dans les sondages s'est réduite. La démocrate recueille actuellement 44 % des intentions de vote contre 41 % pour le républicain, en moyenne.

Invectivée toute la semaine par les chefs et délégués républicains, l'ancienne chef de la diplomatie sera formellement désignée par son parti la semaine prochaine à Philadelphie. Discrète ces derniers jours, elle devrait dévoiler son colistier vendredi ou samedi depuis la Floride.

Les proches du milliardaire populiste ont promis que malgré la solennité de l'événement, Trump ferait du Trump.

La convention de Cleveland a en tout cas été à son image: parfois coupable d'amateurisme, et incapable d'apaiser les dissensions internes.

Son ex-rival des primaires Ted Cruz est venu jusqu'à Cleveland pour mieux le défier, refusant à la tribune d'appeler à voter pour lui à l'élection de novembre.

Il a invité les républicains à voter «selon leur conscience», pour le candidat qui défendra le mieux les principes conservateurs, se faisant copieusement huer par les délégués en quittant la salle.

Ce héros de la droite chrétienne, à qui l'on prête des ambitions pour la présidentielle de 2020, a refusé de dire s'il voterait Trump, insinuant que ses raisons étaient tant politiques que personnelles. «Je n'ai pas l'habitude de soutenir les gens qui attaquent ma femme et mon père», a-t-il lâché en disant qu'il n'était pas un «caniche servile».

Ted Cruz faisait allusion à l'un des moments les plus sombres des primaires, quand Donald Trump a retweeté une photo d'Heidi Cruz grimaçante et insinué que le père du sénateur, Rafael, était lié à l'assassin de John F. Kennedy.

Le sénateur du Texas «a violé le contrat», a déploré Paul Manafort, en se référant à l'engagement des candidats aux primaires républicaines de soutenir in fine le vainqueur.

«Ça manquait de classe», a estimé Eric Trump, fils du candidat, sur CBS.

Pas un jour n'a été épargné par les polémiques.

Lundi, des délégués anti-Trump sont montés sur les chaises et se sont époumonés devant les caméras lors d'un vote de procédure.

La journée de mardi fut dominée par l'affaire du plagiat d'un discours de Michelle Obama par Melania Trump, l'épouse d'origine slovène de l'homme d'affaires. Ce n'est que mercredi, après plus de 24 heures d'explications fluctuantes, que l'équipe Trump a blâmé, puis pardonné la collaboratrice ayant participé à la rédaction du texte.

Et jeudi, à Bruxelles, le chef de l'Otan a diplomatiquement épinglé le candidat républicain pour des propos semant le doute sur la solidarité américaine envers les alliés du traité de l'Atlantique Nord.

Dans une interview publiée par le New York Times, Donald Trump a affirmé que, si la Russie attaquait les pays baltes, il n'interviendrait militairement qu'après avoir vérifié que ces pays «ont bien respecté leurs obligations à notre égard.»

Les présidents de l'Estonie, de la Lituanie et de la Lettonie ont immédiatement réagi en soulignant l'importance de la solidarité au sein de l'alliance.

«La solidarité entre les alliés est une valeur essentielle pour l'Otan», a déclaré Jens Stoltenberg, secrétaire général de l'Otan.

Que dira Trump jeudi? Tentera-t-il une ouverture au centre? Ou voudra-t-il seulement mettre son parti en ordre de marche en répétant ses propositions-phares: le mur à la frontière avec le Mexique, une politique migratoire hostile aux musulmans, et un nouveau protectionnisme?

Les attentats aux États-Unis et en Europe, et les tensions raciales entre communauté noire et forces de l'ordre dans le pays ont aussi conduit Donald Trump à endosser les habits de Richard Nixon en 1968, sur le thème du retour à l'ordre.

Dans la même catégorie