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Erdogan dit à l'Occident de «se mêler de ses affaires»

Agence France-Presse 

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a appelé vendredi l'Union européenne et les États-Unis à «se mêler de leurs affaires», après les critiques des Occidentaux contre les vastes purges qui ont suivi le coup d'État raté du 15 juillet.

«Certains nous donnent des conseils. Ils se disent inquiets. Mêlez-vous de vos affaires!» a déclaré M. Erdogan depuis le palais présidentiel à Ankara.

Le chef de l'État turc a regretté qu'aucun représentant occidental ne soit venu en Turquie après le coup d'État.

«Ces pays dont les leaders ne sont pas inquiets pour la démocratie turque, ni pour la vie de nos citoyens et leur avenir alors qu'ils sont tellement préoccupés par le sort des putschistes, ne peuvent pas être nos amis», a-t-il ajouté.

Il a précisé que dans un geste de bonne volonté il abandonnait des centaines de poursuites en justice lancées contre des personnes accusées de l'avoir insulté.

Un des leaders de l'opposition est notamment poursuivi pour insulte ainsi qu'environ 2000 autres personnes, selon des chiffres officiels.

À ce jour, plus de 18 000 personnes ont été mises en garde à vue à un moment donné à la suite du putsch. Près de 10 000 d'entre elles sont poursuivies et placées en détention préventive, a dit le ministre de l'Intérieur turc vendredi, et 3500 ont été libérées.

Plus de 130 médias ont été fermés et près de la moitié des généraux de l'armée ont été démis après le putsch raté de la nuit du 15 au 16 juillet.

Le chef de la diplomatie allemande, Frank-Walter Steinmeier, a dénoncé jeudi des purges qui «dépassent toute mesure» , estimant qu'«on ne pouvait se taire» face à l'ampleur des arrestations.

L'Union européenne a également mis en garde implicitement la Turquie contre un gel des négociations d'adhésion du pays à l'UE si les poursuites contre les putschistes ne se font pas dans le respect de l'État de droit.

Le premier ministre turc Binali Yildirim a par ailleurs affirmé vendredi que l'armée avait été «nettoyée» de tous les éléments liés au prédicateur Fethullah Gülen, accusé par Ankara d'être derrière la tentative de coup d'État.

«Nous avons nettoyé toute l'armée des éléments FETO qui s'étaient déguisés en soldats», a déclaré M. Yildirim dans un discours au palais présidentiel, utilisant l'acronyme par lequel le pouvoir turc désigne l'organisation de M. Gülen, qui vit aux États-Unis.

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