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Des taxis offrent des rabais pour protester contre Uber

Marie Christine Trottier | Agence QMI

TOMA ICZKOVITS/AGENCE QMI

Des chauffeurs de taxi indépendants défient la loi pour tenter de survivre contre les plus gros joueurs de l'industrie du taxi et contre Uber, qui offrent des rabais avec leurs applications mobiles.

Une douzaine de chauffeurs de taxi indépendants affichent depuis quelques jours une promotion sur leurs véhicules afin d’offrir 25 % de rabais à leurs clients.

C’est leur façon de répondre à ce qu’ils qualifient de «compétition déloyale» venant des plus gros joueurs de l’industrie du taxi et Uber, qui offrent des promotions et des rabais avec leurs applications mobiles.

Or, cette initiative est interdite. Les chauffeurs de taxi ne peuvent réclamer d’autres prix que les tarifs fixés par la Commission des transports du Québec. S’ils veulent offrir des rabais, les chauffeurs doivent signer des contrats avec leurs clients avant chaque course en indiquant les lieux de départ et d’arrivée, ainsi que le montant à déduire. S’ils ne le font pas, ils s’exposent à une amende de 300 $.

«Ils n’ont pas le droit non plus d’y mettre une inscription non autorisée, que ce soit avec un crayon marqueur ou des autocollants», explique Sylvain Tousignant, du Bureau du taxi de Montréal. Sans quoi, ces chauffeurs s’exposent à une amende de 125 $.

Pas peur des conséquences

Vahid Mostafalou ne semblait toutefois pas avoir peur d’afficher au crayon «25 % rabais» sur les vitres de ses portes arrière, lundi.

«Il n’y a personne pour protéger mon emploi. Je n’ai pas d’autre choix, je ne peux plus faire mes paiements de facture et je dois prendre des clients», a-t-il lancé.

Selon Hassan Kattoua, qui est à l’origine de l’initiative, les promotions par application mobile ne permettent pas aux petits joueurs de l’industrie du taxi de survivre face aux grandes entreprises, qui investissent d’importantes sommes dans le développement technologique.

«En plus, c’est discriminatoire envers les personnes qui n’ont pas accès à un téléphone intelligent», croit-il.

Protection des clients

Le président de Taxelco, l’entreprise qui détient Taxi Hochelaga, Téo Taxi et Taxi Diamond, Marc Petit, rappelle que les rabais par application mobile sont permis parce qu’ils informent les clients de la nature et des conditions de la promotion.

«Il y a là de sérieux enjeux de protection du consommateur. Les indépendants devraient plutôt rejoindre les rangs des intermédiaires de taxi pour bénéficier des innovations technologiques. Ils ne peuvent pas avoir le beurre et l’argent du beurre», estime Marc Petit.

Shapour Adabzadeh, un chauffeur qui travaille avec Taxi Diamond, est d’accord avec cette initiative. Même s’il ne peut pas participer, il croit que ça pourrait «ralentir» la perte de valeur des permis de taxi.

Même s’il n’endosse pas les actions et initiatives de M. Kattoua, le directeur général de la Coop taxi de l’est rappelle que l’industrie du taxi est en profonde transformation depuis l’arrivée de Uber.

«Je comprends l’initiative, l’industrie subit une énorme pression de tous les côtés», affirme Stanley Bastien.

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