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Picard sert un avertissement à Philippe Couillard

Regys Caron | Agence QMI

MAXIME DELAND/AGENCE QMI

Les nations autochtones du Québec accusent le gouvernement Couillard de les tenir à l'écart de l'étude du projet de loi 106 sur la politique énergétique du Québec.

Dans une lettre remise au premier ministre Philippe Couillard, le chef de l'Assemblée des Premières nations Québec-Labrador (APNQL), Ghislain Picard, reproche au gouvernement de contourner ses obligations en matière de consultation. L'APNQL ne fait pas partie des 30 groupes qui seront entendus à la commission parlementaire qui étudie le projet de loi 106.

«Nous venons d'apprendre que votre gouvernement s'apprête à entreprendre l'étude du projet de loi 106 [...] Dans le contexte d'un dossier hautement préoccupant pour les Premières nations et comme c'est trop souvent le cas, nous sommes les derniers informés et cela nous place devant l'odieux de dénoncer la façon d'agir de votre gouvernement», écrit Ghislain Picard dans sa lettre datée du 15 août et dont Le Journal a obtenu copie.

Ghislain Picard signale que le gouvernement se trouve en contradiction avec «l'invitation de votre ministre des Ressources naturelles [Pierre Arcand], le 31 octobre 2015, pour que les Premières nations participent pleinement à la discussion sur la politique énergétique 2030. Les actions posées par votre gouvernement ne contribuent pas à assurer une confiance essentielle au dialogue», ajoute le chef de l'APNQL.

De même, Ghislain Picard déplore qu'une rencontre demandée au début de l'été par l'APNQL avec des membres du gouvernement n'ait toujours pas eu lieu. «Je croyais sincèrement que cette rencontre pouvait avoir lieu d'ici la fin de l'été [...] Je dois conclure que le gouvernement du Québec n'a ni l'intention, ni le sérieux de s'engager dans la voie de la réconciliation, malgré vos déclarations publiques qui pourraient nous porter à croire le contraire.»

Le chef de l'APNQL signale sa déception devant les résultats découlant des tentatives passées d'instaurer un dialogue entre les nations autochtones et le gouvernement. «Je suis contraint de poser un diagnostic peu optimiste de nos tentatives. Sommes-nous devant un échec en cette ère de rapprochement et de réconciliation? Je vous invite à répondre à cette question.»

Ghislain Picard termine en prévenant le premier ministre que les Premières nations n'ont «d'autre choix que d'identifier les options qui se présentent à nous pour assurer la protection de nos titres, droits ancestraux et issus de traités.»

Le projet de loi 106 prévoit des dispositions visant à encadrer l'exploitation des hydrocarbures. Un pouvoir d'expropriation est prévu à l'intention des entreprises détenant un permis d'exploiter tout gisement de pétrole et de gaz. Le projet de loi contient d'autres articles devant préparer la transition énergétique entre l'utilisation des hydrocarbures vers des sources d'énergie verte.