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Des parents de jeunes djihadistes témoignent

Yves Poirier | TVA Nouvelles

Pour la première fois depuis l'ouverture du centre de prévention de la radicalisation menant à la violence, des parents de jeunes adultes qui sont allés en Syrie et qui ont souhaité s'y rendre pour combattre auprès de l'État islamique ont accepté de livrer leur témoignage à la caméra.

Jeudi après-midi, le centre de prévention dont les bureaux sont situés à Montréal a rendu publics sur son site Internet (www.info-radical.org) les témoignages d'une mère et d'un père de deux familles respectives. Leurs voix ont été modifiées pour protéger leur identité. Ils racontent leur désarroi face à cette situation bouleversante. La mère explique que son enfant était comme les autres. «C’est des jeunes qui passaient leur temps à se rencontrer dans des stations de métro, à parler, à aller prendre un petit café, c’étaient des jeunes comme tout le monde».

Puis, son enfant s'est mis à changer. «Ces jeunes, ils ont un passé, ils ont des familles qui les ont vus grandir, qui ont espéré en eux, qui étaient contentes de voir leurs premiers pas, leur graduation, leurs rêves. Ces enfants du Québec, ces enfants du Canada, ont décidé de riposter à leur façon à ce qu’ils ont jugé des injustices, un rejet, un manque d’espace pour eux, un manque de reconnaissance...des enfants qui se disaient heureux, qui se disaient Québécois» dit la femme, la voix chargée d'émotion.

L'un des jeunes adultes âgés entre 18 et 25 ans s'est rendu en Syrie. L'autre avait l'intention d'y aller. Ils sont présentement avec leurs familles respectives au Québec, confirme le centre de prévention de la radicalisation.

«Vous savez, le travail psychosocial et de soutien des parents en est un de longue haleine. Ces parents voulaient montrer au reste du Québec qu'ils sont bouleversés en plus d'être surpris du geste de leurs enfants. Ils sont en train de se reconstruire. Ils veulent que les Québécois et Québécoises soient conscients de leur réalité. C'est vraiment un cri du cœur» a expliqué à TVA Nouvelles Herman Deparice-Okomba, directeur du centre.