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Alexandre Gagnon quitte Pétrolia

Après avoir donné jeudi à TVA ce qui ressemble à son entrevue testament, le pdg de Pétrolia, Alexandre Gagnon, quitte l’entreprise pour se joindre à Pratt & Whitney Canada. Il y exercera des fonctions «à l’international», dit son porte-parole, Jean-François Belleau.

Un membre du conseil d’administration de Pétrolia, Martin Bélanger, assure l’intérim.

Alexandre Gagnon dirigeait la pétrolière responsable des travaux d’exploration d’hydrocarbures à l’île d’Anticosti depuis mai 2014. Il a donc joué un rôle actif dans la négociation et la signature de l’entente avec les divers partenaires, dont Ressources Québec, une filiale d'Investissement Québec.

Jeudi, il s’est vidé le cœur, disant ne pas comprendre l’attitude du premier ministre Couillard dans le dossier d’extraction de pétrole, et assurant que le projet irait de l’avant. «Rien ne peut arrêter ce projet. Il faut laisser la chance à la science, il faut aller au bout des choses et j’espère, comme Québécois, que l’État va respecter ses contrats.»

Dans un communiqué, M. Gagnon dit se sentir «privilégié d'avoir pu mettre en place une équipe chevronnée et outillée pour assurer la poursuite des objectifs d'affaires de l'organisation et particulièrement la réalisation des travaux d'exploration à Bourque, Haldimand et, espérons-le, Anticosti.»

Avec ces trois projets, «Pétrolia n’a jamais été aussi occupée», dit Jean-François Belleau.

«Son successeur, qui est au conseil d’administration depuis deux ans, connaît très bien les enjeux et il va poursuivre les politiques de Pétrolia. Ce sera une transition dans la continuité, le conseil d’administration ne change pas ses orientations.»

«Un départ qui ne change rien»

Le maire d’Anticosti, John Pineault, affirme catégoriquement que «d’une certaine manière ça ne change rien pour rien, on s’y oppose à la facturation hydraulique sur l’île, alors que ce soit M. Gagnon ou quelqu’un d’autre, notre opposition va rester», a-t-il confié en entrevue à l’Agence QMI.

M. Pineault critique les récentes sorties de Pétrolia, qui doit amorcer des travaux cet automne.

«On trouve que c’est quasiment de la provocation», a lancé le maire qui déplore d’un même souffle les signaux contradictoires envoyés par Québec.

«C’est assez difficile quand le premier ministre dit quelque chose et que le ministre Arcand dit autre chose. Nous, on ne veut aucune fracturation sur Anticosti et quand je dis “nous”, je parle de l’ensemble de la Minganie et du peuple innu», a insisté John Pineault.

Les recours ne sont pas encore épuisés pour l’île d’Anticosti qui espère également poser sa candidature auprès de l’UNESCO afin d’être désignée patrimoine mondial, un titre «qui ne va pas très bien avec le pétrole», conclut le maire.

 

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