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Huit organismes s’opposent à un troisième lien

Jean-Luc Lavallée | Journal de Québec

Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBE

Accès transports viables, Équiterre, Nature Québec et la Fondation David Suzuki font partie d’un collectif de huit organismes qui ont signifié leur opposition, mercredi, à la construction d'un éventuel troisième lien routier entre Québec et Lévis.

Un tel projet coûterait «trop cher» et «favoriserait l’étalement urbain» en plus d’entraîner une hausse des émissions de gaz à effet de serre, martèlent-ils en chœur dans un communiqué envoyé aux médias. Cela irait, du coup, à l’encontre de «toutes les orientations prises en matière de développement, d’environnement de mobilité par les différents paliers de gouvernement», ajoutent-ils.

«Ce projet est mauvais pour l’environnement, mauvais pour l’économie, mauvais pour la population. Nous ne sommes plus en 1968: aujourd’hui, l’état des connaissances démontre que la mobilité des personnes et des marchandises passe par d’autres moyens», a martelé Alexandre Turgeon, directeur général du Conseil régional de l’environnement, prônant l’amélioration du transport collectif entre les deux rives.

Un «appui» au maire Labeaume

L’initiative des huit groupes environnementaux et citoyens se veut un «appui» au maire de Québec qui juge lui aussi que l’État n’a pas les moyens de se payer une telle infrastructure dont les coûts, selon lui, oscilleraient entre 2 et 5 milliards $. Le gouvernement du Québec a promis de dévoiler les conclusions d’une étude de faisabilité dans les prochains jours.

«La grande région de Québec n’a aucunement besoin d’un lien supplémentaire entre Québec et Lévis. Il y a encore beaucoup de gains à faire en efficacité pour les déplacements interrives. Le troisième lien, c’est le SRB, et ce projet est déjà engagé», fait valoir Étienne Grandmont, dg d’Accès transports viables.

Accroître la «crise du transport en commun»

«Un tunnel pourrait coûter jusqu’à 5 milliards $. Or, le gouvernement du Québec connaît l’ampleur du retard de financement à rattraper dans le transport en commun. Choisir un projet favorisant l’usage de l’automobile ne ferait qu’accroître la crise du transport en commun», croit pour sa part François Pepin, porte-parole de Transit, l’Alliance pour le financement des transports collectifs au Québec.

«Investir dans des projets comme celui d’un nouveau lien entre Québec et Lévis mettrait en péril la capacité du Québec à atteindre ses cibles de réduction de GES. Le Québec doit prendre des décisions en respect avec ses engagements», renchérit Steven Guilbeault d’Équiterre, dans le même communiqué.

Nature Québec se dit également inquiète pour l’impact de la construction d’un tunnel ou d’un troisième pont dans l’est sur les milieux naturels sensibles. «Ce projet évoqué sur les battures de Beauport aurait des impacts majeurs à ce niveau sans compter des empiétements en milieu agricole de part et d’autre du fleuve», estime Christian Simard, dg de Nature Québec.

Les autres organismes qui font partie de ce collectif sont: Transports 2000 Québec et Vivre en ville.

83 % des Lévisiens veulent un tunnel

Le projet d’un tunnel sous-fluvial revient sur une base régulière dans l’actualité de la capitale depuis plus de 50 ans. La Chambre de commerce de Lévis a repris le flambeau pour mousser ce projet dans les dernières années. Un sondage Léger avait notamment démontré un fort appui de la population lévisienne à un tel projet, soit 83 %.

«Plus que jamais, en raison du développement économique et démographique que connaît la région, il est nécessaire de ceinturer le réseau routier entre Québec et Lévis afin de faciliter l’accès pour l’ensemble de la population», peut-on lire sur le site web de la Chambre de commerce de Lévis.

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