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Ottawa ouvert à allonger plus d'argent pour le pont de Québec

Stéphanie Martin | Agence QMI

Ottawa se dit ouvert à bonifier le montant de 75 millions $ promis pour repeindre le pont de Québec, alors que les villes ont proposé un plan qui échelonne les travaux sur 10 ans. Le CN, pour sa part, reste campé sur ses positions.

«Avec le gouvernement du Québec, de par la suggestion du ministre [responsable de la Capitale-Nationale François] Blais, nous allons discuter de notre plan d’affaires, qui pourrait impliquer une bonification de ce 75 millions $ en collaboration avec le gouvernement du Québec. Parce qu’on parle de travaux d’infrastructures.»

C’est ce qu’a révélé le ministre fédéral porteur du dossier du pont de Québec, Jean-Yves Duclos, mercredi matin, au terme de la deuxième rencontre qui réunissait les intervenants impliqués dans le dossier.

Le ministre a d’abord laissé entendre que la proposition de plan d’affaires sur 10 ans venait du ministre Blais, ce que l’attaché de presse de ce dernier a rectifié par la suite, assurant qu’elle avait été proposée par les deux maires.

Les maires de Québec, Régis Labeaume, et de Lévis, Gilles Lehouillier, ont en effet proposé de conclure une entente qui s’échelonnerait sur 10 ans, le temps de réaliser les investissements qui permettraient de repeindre entièrement la structure d’ici une décennie.

Le maire de Québec a interpellé le fédéral, qui selon lui doit respecter ses engagements pris en campagne électorale. La peinture est estimée à 300 à 400 millions $ — peut-être moins, espèrent encore les maires —, et 100 millions $ ont déjà été promis par Ottawa (75 millions $), Québec (23,5 millions $) et les villes (1 million $ pour Québec et 500 000 $ pour Lévis). Les 200 à 300 millions $ restants doivent faire l’objet du plan d’affaires de 10 ans.

Les villes ont déjà affirmé que leur contribution ne bougerait pas. Du côté de François Blais, l’attaché de presse Simon Laboissonnière s’en est tenu à dire que «les 23,5 millions $ sont toujours sur la table» sans s’avancer sur une éventuelle bonification de ce montant.

Le CN reste campé sur ses positions

Le CN a quant à lui gardé son discours habituel, insistant sur les «investissements importants» de «plusieurs millions de dollars» pour assurer la sécurité du pont et sa pérennité. Pas question de mettre de l’argent dans la peinture, a répété le vice-président affaires juridiques, Olivier Chouc, même si on est prêt à collaborer avec les instances qui souhaitent mettre en valeur le pont. «Le pont est sécuritaire, mais rouillé», a-t-il convenu.

Les maires souhaitent qu’un déblocage du côté des libéraux à Ottawa incite le CN à lui aussi ouvrir son jeu. Le maire de Lévis est resté avec une note positive, malgré les affirmations de la compagnie ferroviaire.

«Ce que j’ai senti pour la première fois de la part du CN, qui sont plutôt inodores, incolores et sans saveur habituellement, c’est une certaine sensibilité face au plan qu’on a mis sur la table. Au moins, on sait une chose, c’est que ça va se rendre aux hautes autorités du Canadien National», a exprimé Gilles Lehouillier.

Une prochaine rencontre doit se dérouler ultérieurement, mais personne n’a voulu établir d’échéancier précis. Régis Labeaume, lui, veut que cela se fasse avant Noël.

La députée péquiste Agnès Maltais estime quant à elle que le ministre Duclos est «empêtré» avec sa promesse électorale. «C’est toujours le parti libéral fédéral qui jusqu’ici a complètement gâché le dossier du pont de Québec. On s’attend à ce qu’ils réalisent leur promesse électorale». Elle trouve «insultant» que le CN reste campé sur ses positions.

Les députés conservateurs de la région ont également réagi, rappelant que les 75 millions $ ont été promis sous leur règne. «Contrairement au député de Louis-Hébert, Joël Lightbound, notre Parti a toujours pensé qu’il était important de repeindre le pont de Québec. [...] Nous croyons toujours que le Canadien National doit venir à la table afin de participer au montage financier.»

Les ministres fédéraux et provinciaux, le CN ainsi que les maires de Québec et Lévis s’étaient rencontrés une première fois le 21 janvier dernier. De cette rencontre était ressortie une entente pour mettre en commun les informations sur les coûts de peinture du pont. Le CN avait accepté de mettre à la disposition de tous les acteurs les études qu’il a fait réaliser par la firme Roche sur cette question.

- avec la collaboration de Marc-André Gagnon

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