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Salah Abdeslam toujours muré dans le silence

Agence France-Presse

Salah Abdeslam, suspect-clé dans l'enquête sur les attentats du 13 novembre 2015 à Paris, reste campé dans le mutisme et a refusé début juillet de se rendre à un interrogatoire par un juge antiterroriste, a appris mercredi l'AFP de sources proches du dossier.

Ce refus est intervenu le 7 juillet, alors que son avocat, Frank Berton, s'apprêtait à demander à la justice administrative française, qui l'a débouté, de suspendre la vidéosurveillance continue dont l'unique survivant des commandos jihadistes de Paris fait l'objet en prison.

Selon l'une des sources, le juge d'instruction a dressé le 8 juillet un procès-verbal de non-comparution, mentionnant qu'Abdeslam avait refusé d'être extrait de sa cellule de la prison de Fleury-Mérogis, au sud de Paris, pour répondre à l'interrogatoire prévu le même jour. La veille, il avait notifié ce refus sur une feuille de papier, a précisé la même source.

Contacté mercredi par l'AFP, Me Berton n'a pas souhaité faire de commentaire. Fin juillet, il avait lié le silence de son client à «cette vidéosurveillance dont il ne veut plus».

Salah Abdeslam, 26 ans, avait déjà refusé de répondre aux questions du juge d'instruction, dans son bureau, le 20 mai.

Arrêté le 18 mars dans la commune bruxelloise de Molenbeek, où il a grandi, après quatre mois de cavale, il a été mis en examen en France notamment pour assassinats terroristes.

Une part de mystère entoure son rôle exact dans les attentats du 13 novembre dernier, qui ont fait 130 morts et des centaines de blessés à Paris et dans sa banlieue.

Ce soir-là, Abeslam avait convoyé trois kamikazes au Stade de France, lieu d'une des attaques, avant de garer sa voiture dans le nord de la capitale et d'errer dans la nuit, jusqu'à ce que deux amis partis de Bruxelles le récupèrent au petit matin pour l'exfiltrer.

Il a abandonné dans la capitale française une ceinture explosive, laissant supposer qu'il devait lui aussi mener une attaque suicide pendant que ses complices semaient la mort sur des terrasses de café ou dans la salle de concert du Bataclan.

Proche d'Abdelhamid Abaaoud, organisateur présumé de ces attaques et tueur des terrasses, Abdeslam a aussi eu un rôle de logisticien, louant des véhicules et des planques en région parisienne. Les enquêteurs pensent aussi qu'il a eu un rôle dans l'acheminement de jihadistes en Europe.

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