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Tout ce que vous devez savoir sur le test du polygraphe

Jonathan Bettez, principal suspect dans l’affaire Cédrika Provencher, a refusé cinq fois le polygraphe. Norman Kelly,  polygraphiste professionnel et enquêteur, explique en détail ce qu’impliquerait un tel test pour Bettez et témoigne de sa fiabilité.

 «Si j’avais un conseil à M. Bettez, ce serait de passer le test. S’il n’a rien à se reprocher, son meilleur ami sera le polygraphe», affirme Norman Kelly.

Plusieurs questions demeurent toutefois quant aux tenants et aboutissant du test. L’expert y répond.

Visionnez l’entrevue intégrale dans la vidéo ci-dessus.

Quelles étapes suit-on lorsqu’on passe un polygraphe?

«La procédure est toujours la même. On vérifie d’abord l’état de santé de la personne. On obtient son consentement à passer le test et on lui explique ensuite le fonctionnement de la machine.  Après, on prend sa version.»

La procédure polygraphique peut durer 2h à 2h30. Elle se fait toujours dans un lieu isolé des bruits extérieurs et aux distractions pour avoir une concentration parfaite de la personne qui se soumet au test.

Que mesure le polygraphe?

 «Toute notre enfance, on nous dit de ne pas mentir, de ne pas faire de mal, de ne pas tricher. C’est notre éducation. Ainsi, lorsqu’une personne ment, c’est comme si  elle se mettait en danger et son corps se met à sécréter de l’adrénaline. Personne ne peut contrôler ça, c’est involontaire. »

Les différentes composantes du polygraphe vont justement mesurer les variations que cette «mise en danger» provoque.

La réponse physiologique se fait d’ailleurs souvent ressentir dès que la question est posée par le polygraphiste et pas seulement ou la personne y répond.

En plus de la machine elle-même, l’enquêteur qui mène le test effectue aussi une évaluation du non verbal de l’individu et des incohérences dans son récit. Le test se mène donc sur deux fronts.

Signaux physiologiques mesurés par le polygraphe:

-Variations au niveau du volume sanguin et du rythme cardiaque

-Variations au niveau de la sudation et de la transpiration

-La quantité de sang se rendant aux extrémités (concentrée vers les organes vitaux en situation de danger ou de mensonge) 

-Variations de l’activité de la cage thoracique, de la respiration

La nervosité peut-elle fausser les données?

 «Oui, une personne peut montrer de la nervosité, même s’ils disent la vérité. Ce n’est toutefois pas ce qu’on mesure à ce moment-là. »

 «Tout le monde est nerveux lorsqu’il passe un polygraphe, c’est certain. On interprète des chartes et on évalue seulement les réactions au niveau physiologique, ce qui se passe à l’intérieur de la personne.»

À titre d’exemple, Norman Kelly rapporte le cas de multiples individus qu’il a interrogés dans le dossier de Cédrika Provencher : «ils affichaient tous un haut niveau de nervosité quand ils passaient le test. Malgré tout, ils étaient tous véridiques. Ils ont tous réussi leur test.»

Que se passe-t-il si la personne échoue le test?

«Il y a à ce moment ce qu’on appelle une entrevue après-test, un interrogatoire en bonne et due forme»

L’interrogateur peut ensuite confronter la personne interrogée aux résultats de son test.  Des aveux subséquents peuvent donc être admis au niveau juridique.

Peut-on tricher au test du polygraphe?

«Malheureusement, avec l’internet, les gens sont éduqués et se renseignent avant de faire le test pour essayer de tricher.»

C’est pourquoi la chaise de l’individu interrogé est munie de capteurs et un tapis spécial est placé sous ses pieds pour mesurer tout mouvement qui pourrait être tenté pour «déjouer» le test.

 

 

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