/news/law

Nathalie Normandeau se confie sur son arrestation

TVA Nouvelles

Pour la première fois, Nathalie Normandeau revient sur son arrestation par des enquêteurs de l'UPAC en mars dernier. «Ma vie s'est complètement arrêtée en quelques secondes, mon monde s'est littéralement écroulé», a-t-elle dit au chef d'antenne Pierre Jobin.

Ce matin du 17 mars, elle s'attendait à tout sauf à la visite des enquêteurs. «Lorsque j'ai vu deux hommes derrière la porte, je me suis dit qu'il était arrivé un accident à des proches, à des amis. Il y a toute sorte de choses qui passent par la tête, jamais j'aurais pu penser que l'UPAC puisse venir cogner à ma porte», a-t-elle raconté.

À la lecture des chefs d'accusation, elle peine à comprendre ce qui lui arrive. «La première chose que j'ai dit aux enquêteurs, je leur ai dit: "Je ne comprends pas". Je n'ai jamais volé personne. Je n'ai jamais reçu d'argent de personne», insiste-t-elle.

«Je souhaite pas ça à mon pire ennemi. Je vis ça comme une très grande injustice. Pourquoi? Parce que jamais l'UPAC n'a obtenu ma version des faits, de dire Mme Normandeau. L'UPAC s'est présentée chez moi sans avoir obtenu d'explications sur la façon dont j'ai exercé mon métier de ministre.»

Six mois après son arrestation et sa mise en accusation, elle en veut toujours à l'UPAC qui n'a jamais tenu à la rencontrer avant son arrestation. «L'UPAC m'a fait beaucoup de mal, des gens vont devoir répondre de leurs actions», persiste-t-elle.

«C'est quoi l'intérêt public?»

Dès son arrestation, la vie de l'animatrice et ex-ministre a été chamboulée. Au coeur de la tourmente avec son procès et son renvoi à la radio, elle se retrouve encore plus exposée au public. «Toute ma vie a été mise sur la place publique. C'est quoi l'intérêt public?», s'interroge-t-elle.

Elle ne comprend pas cette fascination de la population et des médias à tout vouloir connaître sur ses avoirs. «Nathalie Normandeau n'a pas de fortune personnelle», répète celle qui affirme que personne ne vient en politique pour devenir millionnaire.

«J'ai besoin de travailler. Des frais d'avocat comme j'ai à assumer, c'est plusieurs centaines de milliers de dollars», poursuit-elle.

Elle croit qu'au Québec, la présomption d'innocence ne prévaut pas. «Il y a aussi présomption de culpabilité qui semble exister», affirme l'animatrice.

«C'est comme s'il y avait une sorte de tribunal populaire. Est-ce que le Québec est revenu au Moyen-Âge?» demande-t-elle.

Pour le PLQ

À la commission Charbonneau, il a été prouvé que le Parti libéral du Québec demandait à ses députés de récolter 100 000$ pour la caisse du parti. Mme Normandeau dit avoir amassé l'argent pour le PLQ exclusivement.

«Vous verrez jamais d'images de Nathalie Normandeau qui met de l'argent dans sa sacoche ou qui se met de l'argent dans les bas. Parce que c'est jamais arrivé. Jamais», martèle-t-elle.

Quant à l'aboutissant de son procès, l'animatrice préfère ne pas extrapoler. «Tout ce que je dis peut être retenu contre moi», conclut-elle.

L'enquête préliminaire du procès de Nathalie Normandeau et ses six coaccusés devrait avoir lieu en 2017.

Dans la même catégorie