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Politique agricole: il faut voir au-delà des consultations publiques, selon l’UPA

Agence QMI | TVA Nouvelles

Québec promet de faire une large place aux consommateurs québécois, à l’occasion des activités liées au Sommet sur l’alimentation devant mener à l’élaboration d’une future Politique bioalimentaire du Québec. D'autre part, le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), Marcel Groleau, craint qu’ils ne prennent trop de place.

En dévoilant la démarche entourant le Sommet, mardi, le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, Pierre Paradis, a affirmé que pour la première fois, «les préoccupations du consommateur seront au centre des discussions». Québec tiendra trois rencontres préparatoires au sommet, et l’une d’elles sera entièrement consacrée aux attentes des consommateurs d’aujourd’hui et de demain.

L’UPA se questionne sur le rôle que pourront jouer les consommateurs au sein de la future politique agricole.

«Comme producteur agricole, nous n’approvisionnons pas uniquement les consommateurs québécois. On exporte environ 70 % de la production agricole vers le Canada et les autres pays (...) Lorsqu’on s’adresse aux consommateurs, c’est une portion de notre production», a-t-il fait valoir lors d’un entretien avec le chef d'antenne Pierre Bruneau à TVA Nouvelle.

Pour M. Groleau, il est clair «qu’on ne peut pas baser une politique agricole au Québec en se basant uniquement sur les attentes des consommateurs», en dépit des propos du ministre.

Cela dit, M. Groleau est d’avis que les consommateurs ont droit aux produits de la meilleure qualité aux meilleurs prix possible et que le principal enjeu actuel est celui de la traçabilité et de l’identification des produits.

«Les consommateurs veulent savoir d’où viennent les produits et comment ils ont été transformés. À partir de là, ils peuvent faire des choix éclairés», estime-t-il.

La première rencontre préparatoire au Sommet, qui ciblera les attentes des consommateurs, se tiendra le 21 octobre prochain à Montréal. Une deuxième rencontre visant le développement de l’industrie aura lieu en février, à Drummondville et une troisième, réunissant les producteurs agricoles et les pêcheurs, se tiendra à Lévis, en mai 2017.

Le Sommet lui-même aura lieu en novembre, alors que la politique bioalimentaire est attendue pour le printemps.

Les délais irritent M. Groleau, alors que l’UPA dit attendre une politique du gouvernement depuis deux ans.

«L’Ontario, le Canada et d’autres pays misent beaucoup sur l’agroalimentaire pour le développement de leur économie. Pendant ce temps-là, on fait un peu du surplace ici», s’est-il exprimé.

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