/news/world

Des bonbonnes de gaz découvertes dans une voiture à Paris

Un couple appartenant à la mouvance islamiste était en garde à vue mercredi en France après la découverte le week-end dernier d'une voiture contenant des bonbonnes de gaz, sans dispositif de mise à feu, stationnée au cœur du Paris touristique.

Cette affaire, dans un contexte de menace terroriste élevée, est prise au sérieux par les enquêteurs près de deux mois après l'attentat de Nice (86 morts) et les multiples attaques ou projets déjoués depuis 2015 dans un pays qui vit sous le régime exceptionnel de l'état d'urgence.

Le couple de suspects, un homme et une femme, sont tous deux connus des services de renseignement comme appartenant à la mouvance islamiste radicale, selon des sources policières et proches de l'enquête. Le propriétaire de la voiture, qui avait été placé en garde à vue, a été relâché mardi soir, selon l'une de ces sources, précisant qu'il était connu pour des faits anciens de prosélytisme islamiste.

Les enquêteurs antiterroristes et les services de renseignements ont été saisis dimanche après le témoignage d'un employé de bar qui avait remarqué la présence d'une bouteille de gaz sur un siège d'une voiture, feux de détresse allumés et sans plaques d'immatriculation, selon une source policière.

Cette bonbonne était vide. Mais les policiers ont découvert dans le coffre cinq autres bouteilles de gaz pleines, a précisé une source proche de l'enquête. À l'intérieur, les enquêteurs n'ont retrouvé aucun système de mise à feu.

La voiture était stationnée dans une petite rue de la capitale proche de la Seine, en face de la cathédrale Notre-Dame visitée par des milliers de touristes et fidèles, selon une source policière.

Dans un courrier daté de mardi adressé au préfet de police et dont l'AFP a eu copie, la maire de l'arrondissement, Florence Berthout, évoque également la découverte d'«un carnet de notes en arabe» dans la voiture.

Elle souligne que le véhicule a pu «stationner en toute illégalité pendant plus de deux heures, et ce en dépit de plusieurs signalements téléphoniques adressés par un commerçant au commissariat». L'élue de droite dénonce le «manque d'effectifs» policiers dans ce quartier central fréquenté par des «milliers de touristes et d'étudiants (...) chaque jour».

Des accusations portant sur le manque d'effectifs policiers à Nice au soir du 14 juillet avaient également été portées par l'opposition de droite, suscitant une violente polémique avec le gouvernement démentant toute faille des forces de l'ordre.

La France est confrontée à une menace terroriste élevée après une succession d'attentats jihadistes pour la plupart revendiqués par le groupe Etat islamique (EI) depuis début 2015, et d'autres projets avortés ou déjoués.

«C'est dans le cadre de cette vigilance, étant attentif à tout, qu'il a été procédé à cette arrestation», a commenté le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve. «Les intentions de ceux qui ont été arrêtés» ne sont pas encore connues, a-t-il ajouté.

En mai, le patron de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), Patrick Calvar, avait mentionné le risque d'«une nouvelle forme d'attaque» avec «le dépôt d'engins explosifs» dans des lieux rassemblant une foule importante.

La France a basculé dans l'ère de la violence jihadiste en janvier 2015 lors des attentats contre l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo et un supermarché casher à Paris, qui avaient fait 17 morts.

Ensuite le 13 novembre, 130 personnes ont été tuées lors des attentats les plus meurtriers jamais commis en France, des attaques coordonnées à Paris menées par trois commandos jihadistes.

Le 14 juillet à Nice, un nouvel attentat de masse a fait 86 morts quand un Tunisien de 31 ans a foncé à bord d'un camion sur la foule rassemblée pour assister au feu d'artifice de la fête nationale.

La France est une cible de choix pour l'EI. Plusieurs dizaines de Français ont rejoint ou ont cherché à rejoindre l'organisation jihadiste et Paris est régulièrement menacé de représailles pour sa participation à la coalition internationale qui la combat en Syrie et Irak.

Dans la même catégorie