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Duel Clinton/Trump: sprint final pour la Maison-Blanche

Agence France-Presse

Qui de la démocrate Hillary Clinton, 68 ans, ou du républicain Donald Trump, 70 ans, succèdera à Barack Obama à la Maison-Blanche en janvier 2017?

Cinq enseignements à deux mois du scrutin, au moment où les deux candidats se lancent dans le sprint final.

1 - Sondages serrés, mais Clinton favorite

Le dernier sondage réalisé pour CNN montre un resserrement spectaculaire: 45% d'intentions de vote pour Trump contre 43% pour Clinton.

Le chiffre a frappé les esprits, mais l'étude de la carte des États-Unis donne cependant une autre image du scrutin du 8 novembre.

Une élection présidentielle américaine est la somme de 50 élections: pour l'emporter, un candidat doit obtenir la majorité des grands électeurs, soit 270 (à deux exceptions près, les États attribuent la totalité de ces derniers au candidat arrivé en tête).

Pour Trump, la voie vers ce chiffre reste extrêmement étroite.

Le magnat de l'immobilier doit l'emporter dans une série d'États clés qui s'annoncent difficiles (Iowa, Virginie, New Hampshire, Ohio, Floride, mais aussi Caroline du Nord), mais il doit s'assurer qu'aucun État a priori acquis au «Grand Old Party» ne lui échappe.

Or en Géorgie, au Texas ou en Arizona, les chiffres sont inquiétants pour son camp. Selon un sondage du Morrison Institute sur l'Arizona rendu public mercredi, les deux candidats sont au coude à coude: 35,1% des voix pour Clinton contre 33,5% pour Trump.

Un vaste sondage sur 50 États (et plus de 74 000 électeurs inscrits) publié cette semaine par le Washington Post donne aussi la mesure du défi qui attend le candidat républicain.

Il met en particulier en lumière des chiffres extrêmement bas parmi les Blancs ayant fait des études supérieures, traditionnel point fort pour son camp (en 2012, Mitt Romney l'avait emporté dans cette catégorie face à Barack Obama sur un score 56/42).

Dernière mauvaise nouvelle pour l'homme d'affaires de New York: la moyenne des sondages nationaux, place, quel que soit l'institut qui les compile, immanquablement Clinton en tête devant Trump (RealClearPolitics +3,3 points, Huffpollster +5,3, The Upshort +3).

2 - Trump n'est pas décroché, l'écart se resserre

Après un mois d'août catastrophique pour Trump, de gaffes en approximations, certains observateurs prédisaient un boulevard pour «Hillary» jusqu'à la Maison-Blanche. Les derniers chiffres sont clairs: non, le républicain n'est pas décroché. Et il a refait une partie de son retard.

Pour Nate Silver, gourou américain de la statistique électorale, la question centrale est désormais de savoir si «le rapport de force s'est stabilisé autour d'une avance de quatre points pour Clinton, où s'il va continuer à évoluer en faveur de Trump».

Si l'écart tient d'ici le premier débat du 26 septembre, l'ancienne secrétaire d'État pourra être «raisonnablement confiante» dans ses chances de devenir la première femme présidente de l'histoire.

3 - Deux candidats toujours mal aimés

Sondage après sondage, une donnée centrale s'impose: les deux candidats ne suscitent plus de rejet que d'adhésion.

Selon le dernier sondage CNN/ORC, 54% des Américains ont une opinion défavorable de Donald Trump, 56% d'Hillary Clinton.

Autre indicateur révélateur: seuls 46% des Américains se déclarent enthousiasmés par la campagne, contre 57% à la même époque en 2012 et 60% en 2008.

4 - L'affaire des courriels, tenace poison pour Clinton

Lorsque, suivant les recommandations du FBI, la justice américaine a annoncé début juillet ne pas engager de poursuites judiciaires contre Hillary Clinton dans l'affaire des courriels, l'équipe de la candidate a poussé un ouf de soulagement. Et espérer tourner une fois pour toutes la page de cette embarrassante affaire (la candidate a reconnu que c'était une «erreur» qu'elle ait utilisé un serveur privé quand elle était secrétaire d'État).

Mais le dossier est loin d'être clos. James Comey, chef du FBI, a dû s'expliquer devant une commission parlementaire, puis publier les notes de son enquête.

Le clan Trump se frotte les mains et rappelle, avec délice, que M. Comey lui-même a jugé que l'ancienne chef de la diplomatie américaine avait fait preuve d'une «négligence extrême».

5 - Provocateur ou présidentiel, Trump n'a pas tranché

Sa prestation - calme, conciliante - lors d'une conférence de presse commune avec le président mexicain Enrique Pena Nieto a suscité un frisson aux États-Unis: et si Trump avait, pour de bon, adopté un ton plus «présidentiable» ?

Quelques heures plus tard, il prenait tout le monde à contre-pied, retrouvant ses accents les plus durs lors d'un meeting, dans l'Arizona, sur l'immigration clandestine.

Depuis, il souffle le chaud et le froid, passe d'un style à l'autre, rendant encore plus ardue la tâche des analystes qui tentent de sonder l'humeur de l'Amérique à son égard.

 

 

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