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Déclaré non criminellement responsable du meurtre d’un touriste français

Kathleen Frenette | Agence QMI

Un homme accusé de meurtre au premier degré et de tentative de meurtre sur un couple de touristes français l’été dernier, dans un appartement du quartier Saint-Sauveur, à Québec, a été déclaré «non criminellement responsable».

Blafard, l’air soumis et perdu, Sylvain Fournier a été amené, jeudi, devant le juge Louis Dionne de la Cour supérieure, pour faire face aux accusations qui pesaient contre lui.

Attentif, Fournier a écouté le procureur aux poursuites criminelles et pénales, Me Guillaume Michaud, raconter le délire qui l’avait amené à commettre l’irréparable, le 12 juillet 2015.

Cette soirée-là, le couple de Français qui était en visite dans la vieille capitale se trouvait seul dans un appartement de la rue Colbert.

«Vers 20 h, sans avertissement, l’accusé entre à une vitesse folle dans l’appartement et se jette en hurlant sur Joachim Aracil, 82 ans, qui est assis à la table», a rappelé Me Michaud.

Sans raison apparente, Fournier a assené à l’octogénaire trois coups de couteau dont un a été mortel. Durant l’agression, la conjointe de la victime, Arlette Aracil, a elle aussi reçu des coups de couteau à la gorge.

Un individu troublé

Jeudi, dans le cadre du procès, le psychiatre Sébastien Proulx est venu expliquer que l’accusé était connu depuis longtemps pour des troubles schizophréniques paranoïdes.

«Dans ses délires, il dit qu’il est scénariste depuis des années, mais qu’il se fait voler les scénarios de ses films et l’argent qui vient avec. Pour lui, la famille Disney et la famille Warner sont dans le coup, et ce sont eux qui tentent de l’éliminer», a expliqué le psychiatre.

D’ailleurs, le soir du drame, Fournier était persuadé que Joachim Aracil était «papa Disney», et qu’il était là pour l’éliminer.

«Pour lui, tout cela était bien réel et l’attaque qu’il a commise était, selon sa vision à lui, une légitime défense face à des gens qui lui en voulaient», a-t-il ajouté.

Bien que non criminellement responsable, Fournier demeure détenu en institut. Il reviendra devant le tribunal le 21 septembre puisque la Couronne veut le faire déclarer «accusé à haut risque».

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