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Des ruelles qui rassemblent

Camille Dufétel | Agence QMI

Courtoisie: Marie-Hélène Brault

Les plus belles ruelles de Montréal seront mises à l’honneur durant la fin de semaine prochaine à l’occasion des Journées des ruelles vertes: l’occasion de souligner les efforts de citoyens qui contribuent à verdir et à embellir la ville.

«Les gens nous arrêtent pour nous dire que notre ruelle est belle, on est contents, c’est le fun, ça a changé l’ambiance et la dynamique du quartier», assure Cynthia Yale à propos de la ruelle verte qu’elle a aménagée avec son comité citoyen et différents partenaires. Il s’agit de la ruelle Desjardins-Pie-IX-Hochelaga-Pierre de Coubertin, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, qui sera inaugurée samedi à 15 h.

Selon la Montréalaise établie depuis 12 ans dans ce quartier, il revient aux citoyens de changer leur environnement. «On veut que Montréal soit créatif, vert, allumé, alors c’est à nous d’en prendre soin. On voulait embellir la ruelle, il y avait beaucoup de mauvaises herbes et de déchets.» Désormais, des plantations, des murales et notamment un potager urbain égayent ce lieu de passage proche du métro Pie-IX.

Avant d’en venir à ce résultat, il a fallu à Cynthia Yale et son comité obtenir certains accords et monter un dossier.

Tout un processus

Les citoyens désireux de partir leur ruelle verte doivent faire part de leur mobilisation à leur éco-quartier. «Ils doivent démontrer leur capacité à s’organiser dans un comité de ruelle et à pouvoir porter le projet par eux-mêmes», indique Simon Octeau, directeur adjoint au Regroupement des éco-quartiers. Un nombre limité de ruelles vertes est accepté chaque année par l’éco-quartier, et des règles sont à respecter pour les différents aménagements prévus.

Dans le processus pour obtenir l’autorisation et du financement afin d’aménager une ruelle verte - qui peut différer selon les éco-quartiers -, vient également l’aval des riverains. «Dans notre cas il fallait former un comité d’au moins cinq citoyens et on était 11», pointe Dominique Chayer. Cette Montréalaise s’est lancée il y a quelques années avec plusieurs voisins dans le projet d’aménagement de la ruelle La Traverse (Casgrain-Villeray-DeGaspé-Faillon), un passage où l’on se sent hors de la ville alors que le Marché Jean-Talon n’est pas très loin.

«Les citoyens du coin recevaient des lettres, il fallait obtenir 50 % de réponses positives, mais il fallait également que 50 % des gens répondent, poursuit Dominique Chayer. Si tu obtiens ça, il faut que tu proposes un plan d’aménagement, et on s’est fait aider par l’organisme Vrac Environnement. Puis on présente ça aux citoyens: si tu veux mettre une installation verte en arrière de chez quelqu’un, la personne doit donner son accord et il faut trouver un parrain pour cette installation.» Ces étapes franchies, la ruelle a été depuis aménagée et sera officiellement inaugurée samedi à 16 h.

«Ça ne tombe pas du ciel»

Frédéric Alberro a quant à lui eu davantage le temps de réaliser le succès de son projet de ruelle verte, mis en place avec les membres de son comité citoyen il y a deux ans. Celle-ci est située entre la rue Drolet et l’avenue Henri-Julien et entre les rues Villeray et Faillon, dans l’arrondissement de Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension.

«On a démocratisé le projet en créant une page Facebook, en distribuant des tracts dans les boîtes aux lettres dès qu’on organisait des soupers communautaires et maintenant que la ruelle verte existe, je suis heureux de la dynamique qu’il y a, les enfants s’amusent, quelqu’un sort une bière, un verre de vin, on s’installe là le soir... Mais tout ça ne tombe pas du ciel.»

Le Montréalais rappelle que ce genre d’initiative implique une certaine organisation. «Même si les ruelles ont deux ou trois ans d’existence, un des grands défis c’est de maintenir le tout. Les excavations, les peintures doivent être notamment entretenues.» Il évoque l’entraide pouvant intervenir à ce sujet entre différentes ruelles.

Les ruelles blanches

L’événement de cette fin de semaine sera l’occasion pour les citoyens de prendre conscience de ces réalités, mais surtout de se retrouver autour de ciné-ruelles, d’épluchettes de blé d’Inde, de cours de yoga, de repas entre citoyens et de visites guidées, avant que l’automne et l’hiver n’emboîtent le pas. Mais encore là, selon Frédéric Alberro, pas question de délaisser les activités: dans sa ruelle, on profite l’hiver d’une patinoire et l’on fait de la luge sur un amoncellement de neige. «Cet automne, on va se réunir pour voir si on peut monter d’un cran notre ruelle blanche», conclut ce dernier.

Bon à savoir :

- Plus de 56 nouvelles ruelles vertes ont été créées à Montréal en 2016, soit 16 de plus que l’an dernier;

- On recense 312 projets de ruelles vertes depuis les années 2000, dans lesquels se sont impliqués les éco-quartiers, avec une nette augmentation ces dernières années;

- Celles-ci représentent un total approximatif de 60 km;

- 11 arrondissements sur 19 possèdent au moins une ruelle verte;

- Les ruelles vertes auraient plusieurs bienfaits tels que la réduction de l’effet d’îlots de chaleur, l’amélioration de la qualité de l’air, la réduction du ruissellement, l’augmentation de la biodiversité végétale, etc;

-On retrouve un plan des ruelles vertes de Montréal sur le site eco-quartier.com/ruellesvertes.

Source: Regroupement des éco-quartiers

Programme des Journées des ruelles vertes

(Certains événements seront reportés en cas de pluie)

https://drive.google.com/file/d/0B_WrtFa9N_0gLWs5clFBdXFudUk/view

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