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Les taxis désertent le Centre Vidéotron

Jean-François Morissette | Agence QMI

La rage au cœur, les chauffeurs de taxi de Québec ont choisi de ne pas écouter la mise en garde de Régis Labeaume jeudi soir et ont déserté le Centre Vidéotron à la sortie du match de hockey.

Des dizaines de personnes ont attendu sous la pluie battante et ont dû se trouver une autre façon de rentrer à la maison.

«Ils n’ont pas utilisé le bon moyen ce soir», a avoué, exténué, Mario St-Pierre. «Là, c’est les gens qui payent.»

D’autres avaient prévu le coup et sont venus en voiture. «On se doutait qu’il allait y avoir quelques choses ce soir, a expliqué Marie Gagné. On est venu en auto pour ne pas prendre de chance.»

Quelques taxis sont tout de même arrivés au compte-goutte, mais très peu pour répondre à la demande.

Certains se sont rebattus sur les navettes du RTC, qui avaient été bonifiées pour la cause.

«On n’a pas le choix, on ne peut pas rester à la grosse pluie comme ça», a indiqué Suzanne, qui était accompagnée de son jeune fils d’une dizaine d’années.

Le porte-parole du Centre Vidéotron, David Messier, a qualifié la situation de «déplorable», mais a confiance que la Ville de Québec va régler la situation.

Colère des chauffeurs

À la suite de l’entente intervenue mercredi soir entre le gouvernement du Québec et Uber, beaucoup de chauffeurs de taxi se sont estimés floués. Dès la matinée, ils ont laissé entendre qu’ils n’offriraient pas de service jeudi soir au Centre Vidéotron.

Après avoir rencontré le maire de Québec avant le match de la Coupe du monde de hockey, les représentants de l’industrie du taxi ont souligné qu’ils n’encouragent pas le grabuge, mais qu’ils ne peuvent empêcher les chauffeurs de taxi de manifester leur colère.

Plus tôt en journée, le maire de Québec avait soutenu qu’Uber bénéficierait directement de n’importe quelles mesures de perturbations décidées par les chauffeurs de taxi. «Faites pas ça. S’ils font ça, ils vont encore faire mal à notre réputation et les Québécois vont les détester. Stratégiquement, ce n’est pas en faisant du grabuge qu’ils vont gagner», leur avait fermement indiqué le maire de Québec.

Plusieurs chauffeurs ont par ailleurs réclamé la démission du premier ministre Philippe Couillard jeudi midi avant de participer à une manifestation impromptue.

Trahison, famille brisée, grave précédent et carrière partie en fumée, les chauffeurs de taxi ne mâchaient pas leurs mots. «C’est une entente mafieuse, un fiasco. On fera tout, mais alors tout, pour que M. Couillard, qui est censé faire respecter la loi et respecter ses citoyens, démissionne», promet Fateh Sadi, chauffeur de taxi.

Déclaration de guerre

Pour sa part, le président du Regroupement indépendant des taxis de Québec (RITQ), Abdallah Homsy, qualifie cette entente de principe de «trahison». «Le premier ministre vient de déclarer la guerre aux taxis», lance-t-il.

- Avec la collaboration de Catherine Bouchard et Taieb Moalla

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