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Les chauffeurs de taxi préparent un débrayage

TVA Nouvelles et Agence QMI 

Les chauffeurs de taxi menacent de déclencher une grève générale de six jours après avoir dénoncé vivement l’entente du gouvernement du Québec avec Uber. Ils seraient prêts à priver la Ville de Montréal de leurs véhicules.

Tous les propriétaires de taxi sont conviés à une assemblée dimanche à 14h où une proposition de grève générale sera présentée, a expliqué Mouhcine El Meliani, porte-parole des chauffeurs, sur le plateau de TVA Nouvelles.

«L’entente est une menace à notre gagne-pain, a affirmé Kamal Sabbah, porte-parole du regroupement des propriétaires de taxi de Montréal. Les propriétaires sont frustrés et sentent une injustice. Toutes les propositions sont sur la table. Toutes nos idées seront présentées demain.»

Aucun taxi ne circulerait, ni pour aller à l’hôpital, à l’aéroport, ni même pour prendre en charge les personnes à mobilité réduite.

«On trouve que nous avons tout perdu et que c’est inhumain, a affirmé M. El Meliani. Dans ce cas, tous les propriétaires de taxi vont faire des choses inhumaines. Nous allons regrouper tous les propriétaires. Ils sont prêts à tout.

«Nous voulons déranger le gouvernement, et cela va s’intensifier, a-t-il poursuivi. Une grève générale est prévue la semaine prochaine. Le gouvernement a fait son choix. Il a voulu Uber alors on va laisser la place à Uber.»

Une première manifestation

L’industrie du taxi a frappé un premier coup samedi matin lors d’une manifestation spontanée au port de Montréal. Les chauffeurs ont refusé d'y embarquer des centaines de clients descendant d'un bateau de croisière.

«Nous sommes entrés dans le bassin, là où nous chargeons les clients d’habitude. Aujourd’hui, il y avait 1300 touristes que nous avons refusé de prendre», a expliqué Mouhcine El Meliani, porte-parole des chauffeurs et propriétaires de taxis, assurant qu’une centaine d’entre eux étaient sur place. Les véhicules se trouvaient au quai 34/35, au coin de la rue Notre-Dame Est et du boulevard Pie IX.

D’après le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), les chauffeurs ont ensuite bloqué l’accès au bâtiment du port.

«La sécurité leur a dit que s’ils ne partaient pas, ils appelleraient la police. Nous n’avons pas eu à intervenir, car les chauffeurs ont finalement quitté les lieux», a rapporté Jean-Pierre Brabant, porte-parole du SPVM.

Les taxis ont finalement accepté de faire monter les touristes dans leur voiture et la situation s’est résorbée dans le calme en milieu de matinée.

Cette semaine, Québec avait accordé au moins 300 permis de taxi aux chauffeurs de la multinationale Uber ce qui correspond à 50 000 heures de service de transport par semaine.

Cette manifestation fait suite aux mouvements de protestation qui ont eu lieu à Québec plus tôt cette semaine. Jeudi soir, peu de taxis étaient présents au Centre Vidéotron après un match préparatoire de la Coupe du monde de hockey. Ensuite, vendredi, une vingtaine de chauffeurs se sont rassemblés sur le boulevard Wilfrid-Hamel.

L’entente conclue cette semaine permet à l’entreprise de covoiturage de faire des affaires légalement dans le cadre d’un projet pilote d’un an. Toutefois, les regroupements de chauffeurs de taxi ont l'intention de déposer une injonction pour le bloquer.

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