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Un débat marqué par un affrontement entre Lisée et Cloutier

Charles Lecavalier

 - Agence QMI

L’affrontement entre Alexandre Cloutier et Jean-François Lisée a marqué le second débat de la course à la direction du Parti québécois, dimanche, à Sherbrooke.

M. Cloutier avait comme principale cible Jean-François Lisée, qui est deuxième dans cette course et qui a récemment obtenu l’appui de quatre députés. Le meneur a repris sa formule qui vise à ressortir de vieilles propositions de l’intellectuel pour l’embarrasser. Cette fois-ci, il a rappelé que M. Lisée a déjà proposé de vendre des actions d’Hydro-Québec.

Le député de Rosemont n’a pas apprécié et a tenté de vider le sujet. «Heille, tu poses une question, écoute la réponse», a-t-il lancé, visiblement excédé. À l’époque, dit-il, il cherchait des solutions pour créer de la richesse pour l’État et accuse maintenant son adversaire de sombrer dans la «démagogie» en détournant ses propos. Il a aussi dénoncé le «manque de bienséance» du candidat Cloutier, qui l’attaquait lors d’échanges avec d’autres candidats.

Cloutier risque une crise au PQ

M. Lisée a répliqué en attaquant de front la stratégie référendaire d’Alexandre Cloutier. Ce dernier a révélé qu’il allait demander au parti avant de déterminer s’il tiendra un référendum ou non au printemps 2018. Pour l’ancien conseiller politique, il s’agit d’un pari dangereux qui risque de causer «un traumatisme» au sein du PQ.

«Qu’est-ce qui arrive si tu recommandes de ne pas faire de référendum et que tu perds ton vote, de quoi tu vas avoir l’air en débat avec Philippe Couillard?», a lancé M. Lisée.

M. Lisée, qui propose d’attendre un deuxième mandat pour faire un référendum, s’en est aussi pris à Martine Ouellet, qui l’accuse de tomber dans les arguments de peur. «Ce ne sont pas des arguments de peur. Le mur, il est là. Toi, tu dis quoi? Qu’il n’est pas là? Il ne faut pas prendre ses rêves pour la réalité», a-t-il lancé.

Cette dernière a connu un mauvais débat. Elle a tenté d’attaquer à nouveau Alexandre Cloutier sur sa position sur le pétrole d’Anticosti. Mieux préparé que mardi dernier, il l’a mise en boîte en lui rappelant que c’est elle qui a signé l’entente pour y exploiter des hydrocarbures. Il a promis que contrairement à Martine Ouellet, jamais il ne prendrait une décision contre ses valeurs et ses principes.

Poussée dans ses derniers retranchements, elle a blâmé l’ancienne première ministre Pauline Marois pour la signature du contrat, ce qui lui a valu des huées de la part de militants réunis à l’Université de Sherbrooke dimanche après-midi.

Paul Saint-Pierre Plamondon avait également pour cible la stratégie «floue» de M. Cloutier. Il l’accuse de faire dans la dissonance cognitive.

«On ne peut pas être dans l’ambiguïté. Les membres n’aiment pas ça, les gens n’aiment pas ça, car c’est un doublé discours», a-t-il affirmé.

Les candidats à la direction du PQ débattront encore à quatre reprises avant l’élection du prochain chef le 7 octobre prochain.

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