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Cloutier demande des excuses à Lisée pour l'avoir associé à l'imam Charkaoui

Geneviève Lajoie | Journal de Québec

 - Agence QMI

PHOTO PIERRE-YVES CHARBONNEAU-VALADE/AGENCE QMI

La course au leadership du Parti québécois prend des allures de bataille de rue. L'aspirant-chef Alexandre Cloutier réclame des excuses à son rival Jean-François Lisée pour l'avoir associé à l'imam controversé Adil Charkaoui.

Sympathisante du clan Cloutier, Agnès Maltais a tiré à boulets rouges sur le député de Rosemont vendredi. Elle accuse M. Lisée d'utiliser la peur pour gagner des votes en brandissant la menace que des terroristes se cachent sous des burqas.

«Ce débat-là, il doit se faire sur des arguments raisonnés et le fait qu'un terroriste se cache sous une burqa ne devrait jamais être émis sur la place publique, c'est un argument qui suscite la peur et ce n'est pas comme ça qu'on gagne des votes, s'insurge Mme Maltais. Si je parle aujourd'hui, c'est pour protéger demain parce qu'après, il faut être rassemblés.»

Jean-François Lisée est en faveur d'un débat de société sur la place du voile intégral dans l'espace public. Selon lui, la burqa et le niqab posent de sérieux problèmes de sécurité.

«Lorsqu'on sait qu'on a un ennemi qui est l'État islamique, qui cherche activement des gens chez nous qui vont mettre des bombes, pour se promener avec des bombes, la burqa, c'est une bonne façon!» avait-il lancé dans une entrevue accordée à notre Bureau parlementaire à la mi-août.

Jean-François Lisée a répliqué à cette attaque frontale de Mme Maltais en fin de journée. «Toute une offensive de l'équipe Cloutier contre moi aujourd'hui. Agnès Maltais, pro-Alex, me reproche de vouloir faire peur aux Québécois. (...) Quand même, un beau travail d'équipe. Mais cette orchestration prévoyait-elle l'appui public de l'Imam Adil Charkaoui à la candidature de mon collègue Alexandre?» a-t-il écrit sur sa page Facebook.

Il a rappelé que le Collectif québécois contre l'islamophobie, associé au prédicateur controversé, a publié quelques mots sur les réseaux sociaux cette semaine à la suite de la prise de bec des prétendants sur la laïcité.

«Cloutier plaide pour l'ouverture et le renouveau alors que Lisée s'enfonce dans un débat identitaire et dans l'héritage de la charte islamophobe de (Bernard) Drainville», peut-on y lire.

Pour Alexandre Cloutier et son équipe, cet amalgame est «irresponsable» et mérite des excuses. «M. Cloutier n'a jamais été en contact, de près ou de loin, avec M. Charkaoui et n'a jamais reçu son appui. Toute insinuation à cet effet est inacceptable de la part d'un candidat à la direction d'une grande formation politique comme le PQ», a-t-on émis en fin de journée par communiqué.

Loin de s'excuser, Jean-François Lisée propose plutôt une «trêve» à son adversaire. «Personne n'a à s'excuser, on a fait campagne aujourd'hui, à un niveau de décibels un petit peu trop élevé à mon goût, a-t-il réagi. J'aimerais qu'Alexandre, qui a mis toute son équipe et Agnès Maltais sur mon cas aujourd'hui, accepte qu'on passe à un autre sujet à partir de demain.»

Appel au calme

Alors que la tension continuait de monter entre les camps Cloutier et Lisée, le chef intérimaire du Parti québécois, Sylvain Gaudreault, a tenté de calmer les ardeurs des candidats à la direction du parti dans un message publié sur Facebook vendredi.

«Ces échanges d'idées sont notamment nécessaires pour mieux connaître les candidats et la candidate. Toutefois, je tiens à rappeler qu'il est important de les mener avec calme, sérénité, respect et dans un esprit de collégialité et d'unité », a-t-il écrit.

«Je suis convaincu que les candidats et la candidate vont poursuivre leur campagne dans cet esprit au cours des prochaines semaines», a-t-il ajouté.

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