/regional/montreal/monteregie

Une sépulture au sous-sol du futur cégep?

Jean-François Desbiens | TVA Nouvelles

La Ville de Granby est confrontée à un imprévu dans son projet de transformation de l'église Notre-Dame qui doit éventuellement accueillir des étudiants du cégep.

C'est que dans le sous-sol où seront aménagés des laboratoires, un prêtre repose en sépulture depuis près de 100 ans. La Ville devra donc s'adresser au tribunal pour obtenir son exhumation.

L'église Notre-Dame a été construite au début des années 1900 et la Ville en a fait l'acquisition en 2012.

Quand elle a décidé de la convertir en pavillon pour y accueillir les étudiants en génie du cégep de Granby, elle a omis un détail important: la sépulture de son bâtisseur, l'abbé Marcel Gill.

«C'est un détail qui est passé à l'oubli dans tous les dédales de la transaction malheureusement», nous a mentionné le maire de Granby, Pascal Bonin.

La nef de l'église sera préservée en raison de sa richesse architecturale. Elle servira de salle de spectacle et de salle multifonctionnelle.

C'est au sous-sol que l'on prévoit aménager des laboratoires pour les étudiants en génie. Au fond, sous le choeur de l'église, se trouve une pièce fermée.

Le prêtre n'a pas été enseveli sous terre, sous les fondations. Décédé en 1920, il avait demandé qu'on l'inhume dans une crypte.

Ce qu'on ne sait pas, c'est si le corps de l'abbé a été placé dans un cercueil avant d'y être bétonné.

«Nous allons avoir recours à une firme spécialisée pour perforé la paroi et tenter d'y retirer les restes de manière à qu'ils demeurent intacts et qu'on puisse les transférer dans un autre cercueil avant de les inhumer au cimetière Cowie», a précisé le maire Bonin.

Les responsables diocésains accompagnent la Ville dans sa démarche pour obtenir des tribunaux, une ordonnance d'exhumation.

«À cette époque, il arrivait fréquemment que des prêtes, à l'origine de la construction de leur église, se fassent inhumer au sous-sol. Beaucoup de religieuses ont été enterrées derrière leur couvent et sont exhumées quand les bâtiments passent entre les mains d'investisseurs privés. Nous ne nous opposons aucunement à la démarche de la Ville tant et aussi longtemps que ça se fait respectueusement», a commenté l'abbé Serge Pelletier, curé de la paroisse Notre-Dame.

La Ville espère être en mesure de procéder à l'exhumation dans les prochains mois. Les travaux de transformation du sous-sol de l'église sont prévus pour le printemps prochain.