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Le pari risqué d'Alexandre Cloutier

Alain Laforest | TVA Nouvelles

Le candidat à la direction du Parti québécois, Alexandre Cloutier, reçoit l'appui de deux anciens députés indépendantistes, Stephan Tremblay, ancien député péquiste de Lac-Saint-Jean et Alexandre Bourdeau, ancien député péquiste de Berthier.

Ces deux anciens députés ont été baptisés les mousquetaires en novembre 2004. Tremblay, Bourdeau et Jonathan Valois avaient invité le PQ à prendre un sérieux virage afin de ramener les jeunes qui ne se sentaient plus concernés par l'indépendance. 

«Le PQ aurait dû lire davantage ce qu'on avait écrit il y a plusieurs années», dit Stephan Tremblay, qui a aussi porté les couleurs du Bloc québécois à Ottawa. Depuis ce temps, on ne sent pas que le PQ a gagné bien des plumes. La conception de l'indépendance d'Alexandre Cloutier et la direction qu'il veut donner au PQ, je pense que c'est plus connecté», conclut Stephan Tremblay. 

«Il continue à faire le combat politique», ajoute son ex-collègue Alexandre Bourdeau. «On pourrait le nommer notre d'Artagnan. Il représente les valeurs que nous défendions dans notre rapport. Il faut vraiment qu'on arrête ces discours identitaires qui divisent les gens», conclut M. Bourdeau.

Le cri du coeur d'Alexandre Cloutier

Dans une entrevue exclusive à TVA Nouvelles, Cloutier veut passer ce message aux militants à la veille du deuxième débat organisé par le parti.

«Le Parti québécois ne peut pas être juste une copie carbone. On n'arrête pas de perdre des votes. Je propose des changements. Ça va être difficile et ça va nécessiter qu'on prenne un certain virage, mais c’est nécessaire si on veut gagner», souligne le candidat à la direction et député de Lac-Saint-Jean.

Dans une envolée, Alexandre Cloutier cherche à prendre ses distances du projet de charte des valeurs du gouvernement Marois. 

«On ne peut pas construire un PQ sur la peur des autres et même construire un pays sur la peur des autres. Il faut rassembler», se désole-t-il. «Ça prend la nouvelle génération avec nous. Le PQ doit changer. Il faut  avoir la génération X et la génération Y», dit Cloutier.

Parlant de lucidité, il ajoute: «À un moment donné, il faut avoir le courage de le faire.  Il faut regarder les chiffres en face. Si on veut que la jeune génération se joigne à nous, il faut apporter des changements».  

Stephan Tremblay renchérit : «J'ai peur pour l'avenir du PQ sincèrement! Si ce n'est pas Alexandre qui gagne, qu'on adopte une attitude encore une fois de charte des valeurs, de renfermement sur soi-même, de protectionnisme, ce n'est pas ça qu'on veut. Ce qu'on veut, c'est de l'ouverture», souligne l’ancien péquiste et bloquiste.

  Lors du débat des candidats à la direction du PQ de dimanche, Cloutier tentera de passer ce message.

«Il y a un choix clair à faire. On doit définir le projet d'indépendance tel qu'il doit exister aujourd'hui. On ne peut pas juste rejeter ça du revers de la main», dit celui qui espère devenir le successeur de Pierre Karl Péladeau.