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Trump reprend ses attaques contre une ex-Miss Univers

Agence France-Presse

Décidément la présidentielle américaine 2016 ne craint pas les bas fonds de la politique spectacle: en témoigne ce vendredi, où Donald Trump et une ancienne Miss Univers réglaient leurs comptes sur les réseaux sociaux, avec «vidéo sexuelle» et noms d'oiseaux.

Visiblement le candidat républicain ne digère pas d'avoir été pris de court en étant dépeint comme un mufle par Hillary Clinton, lors de leur premier débat télévisé lundi soir.

La démocrate a fait mouche en prenant en exemple Alicia Machado, une femme qui dit avoir été «humiliée» par le milliardaire.

Mme Clinton a rappelé que M. Trump avait surnommé cette ancienne reine de beauté vénézuélienne «Miss Piggy» (Peggy la cochonne) et «Miss housekeeping» (Miss femme de ménage), lui reprochant d'avoir pris des kilos nuisant à sa ligne.

Le magnat de l'immobilier, qui était jusqu'à l'an dernier propriétaire du concours Miss Univers, a répliqué vendredi dans une série de tweets vengeurs.

Le candidat de 70 ans a même conseillé au public d'aller consulter la «vidéo sexuelle» d'Alicia Machado, qui a rallié le camp de Hillary Clinton, même si cette polémique risque de lui faire perdre davantage de voix dans l'électorat féminin et l'électorat d'origine hispanique, déjà fortement acquis au camp démocrate.

«Utiliser Alicia M. comme un modèle de vertu montre à quel point Hillary-la-crapule est à côté de la plaque. Hillary s'est faite avoir par une arnaqueuse», a-t-il écrit, en reprenant le terme désobligeant qu'il utilise pour qualifier sa rivale.

«Hillary-la-crapule a été dupée et utilisée par la pire de mes Miss Univers. Hillary l'a qualifiée d'"ange" sans vérifier son passé, qui est terrible», a ajouté l'ex-animateur de «The Apprentice», une émission de télé-réalité.

Donald Trump a soulevé l'hypothèse que Mme Clinton ait aidé Alicia Machado à acquérir la nationalité américaine afin de pouvoir l'utiliser ensuite à son profit dans un des moments les plus tendus du débat.

«Hillary Clinton a-t-elle aidé la dégoûtante (cf. son passé et la vidéo sexuelle) Alicia M. à devenir citoyenne américaine afin de pouvoir s'en servir lors du débat ?», a interrogé M. Trump.

Au lendemain du débat, il avait tenté de justifier ses remarques désobligeantes adressées à son ancienne reine de beauté, en expliquant qu'elle avait à l'époque «pris beaucoup de poids et que c'était un vrai problème».

À l'opposé, sa rivale démocrate a bien compris son intérêt à exploiter le filon Alicia Machado.

L'équipe de campagne de Hillary Clinton a diffusé une vidéo dans laquelle la Miss Univers 1996 relate les avanies que lui a fait subir M. Trump, en confiant finalement qu'à son avis le milliardaire est inapte à diriger les États-Unis.

«Il me disait que j'étais laide, grosse», y explique en espagnol sous-titré en anglais l'ancienne reine de beauté aujourd'hui âgée de 39 ans. «C'était très humiliant, cela m'a fait beaucoup souffrir».

Alicia Machado a enfoncé le clou vendredi sur Instagram, dans un message et une photo où elle posé drapée dans la bannière américaine.

«Avec sa campagne haineuse, le candidat républicain tente à tout prix de discréditer et démoraliser une femme, ce qui est effectivement l'un de ses traits de caractère les plus terrifiants», a écrit l'ancienne mannequin.

«Il cherche ainsi à détourner l'attention de ses problèmes réels et de son incapacité à prétendre être le dirigeant de ce grand pays», a-t-elle poursuivi, en dénonçant également ces «calomnies et mensonges faciles porteurs de mauvaises intentions».

Le «terrible passé» d'Alicia Machado évoqué par Donald Trump se réfère à un épisode remontant à 1997 au Venezuela: la jeune femme avait été suspectée d'avoir conduit la voiture dans laquelle fuyait son compagnon tout juste auteur d'une tentative de meurtre.

Mme Machado, qui niait ces accusations et n'a finalement pas été condamnée, avait ensuite menacé de tuer le juge chargé de l'enquête.

Interrogée sur ces faits cette semaine par CNN, l'ex-Miss Univers a déclaré:  «Je ne suis pas une sainte, mais ce n'est plus le problème aujourd'hui».

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