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Charkaoui n'a eu que peu d'impact sur la course, selon Lisée

Geneviève Lajoie | Agence QMI

ANNIE T. ROUSSEL/JOURNAL DE QUEBEC/AGENCE QMI

L'irruption de l'imam controversé Adil Charkaoui dans la course n'a eu que peu d'impact sur la campagne au leadership, selon Jean-François Lisée. C'est plutôt l'abandon de sa rivale Véronique Hivon qui constitue un tournant.

Le député de Rosemont a toujours refusé de s'excuser pour avoir associé son adversaire Alexandre Cloutier au prédicateur Charkaoui. À quelques jours de l'élection du prochain chef du Parti québécois, M. Lisée ne croit pas que cet amalgame a eu un effet important sur la course à la direction.

«Moi je pense que c'est extrêmement mineur», a-t-il soutenu mardi, flanqué des cinq députés qui se sont rangés dans son camp.

Le prétendant au trône péquiste reconnaît par ailleurs que le retrait de Véronique Hivon, qui a abandonné la course pour des raisons de santé, fut déterminant. Selon lui, la campagne au leadership aurait une tout autre allure si la députée de Joliette était toujours en selle.

«On serait dans une dynamique complètement différente, a-t-il convenu. On serait ailleurs».

Trois députés qui appuyaient initialement Mme Hivon ont joint le clan Lisée. Plusieurs anciens ministres péquistes ont emprunté le même chemin.

«Les appuis de Véronique sont venus vers moi et moi, c'est un des moments les plus touchants de la campagne, trois ou quatre jours après le retrait de Véronique, quand la majorité des anciennes femmes ministres et députées ont décidé en bloc de venir vers moi, je me suis dit "wow", je crois qu'il y a quelque chose qui est en train de se passer».

Deuxièmes choix dévoilés?

Jean-François Lisée demande également que le deuxième choix des membres soit dévoilé vendredi soir après le scrutin pour assurer une meilleure légitimité au futur chef du PQ.

Le successeur de Pierre Karl Péladeau sera connu vendredi soir, au terme d'un vote préférentiel. Les 73 000 membres du PQ auront à faire trois choix sur le bulletin de vote électronique par ordre de préférence. Si un des candidats n'obtient pas 50 % d'appuis au premier tour, il y aura un second tour et potentiellement un troisième tour au besoin.

Au coude à coude avec son rival Alexandre Cloutier dans les derniers sondages d'opinion, Jean-François Lisée souhaite qu'on soit transparent.

«Je pense que ça va aider la légitimité du chef ou de la chef qui sera choisi de savoir qu'il était présent dans les deuxièmes choix de beaucoup de gens, a-t-il soutenu. C'est toujours préférable d'avoir une majorité claire.»

Des positions «dommageables»

L'aspirante-chef Martine Ouellet accuse pour sa part ses adversaires de compromettre l'indépendance en reléguant le référendum aux calendes grecques.

«Ce qu'affirment les trois autres candidats est dommageable [...] c'est même pas un repli stratégique, c'est un recul dommageable», a déclaré Mme Ouellet, mardi, lors d'un point de presse au cours duquel elle a fait le bilan de sa campagne à la chefferie.

Selon elle, les positions de Jean-François Lisée et Alexandre Cloutier, c'est du pareil au même.

Le député de Lac-Saint-Jean réplique qu'il souhaite se mettre à l'ouvrage dès maintenant pour convaincre les Québécois des avantages de l'indépendance. «Il y a des distinctions, insiste-t-il. M. Lisée fait le pari de gagner les deux prochaines élections sans parler de la question d'indépendance, sans la définir, sans utiliser de l'argent de l'État».

Le député de Rosemont s'est engagé à ne pas tenir de référendum avant 2022.

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