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L’achat d’une maison s’est transformé en foire aux malheurs

Valérie Fortin | TVA Nouvelles

L'achat d'une résidence s'est transformé en véritable cauchemar pour une citoyenne. La mère de famille monoparentale affirme avoir acheté une maison bourrée de moisissures et de vices cachés sur le chemin des Ruisseaux à Saint-Honoré.

«Quand je l'ai visitée, elle correspondait à mes critères, elle avait été entièrement rénovée entre 2006 et 2010», affirme l'acheteuse Karine Tremblay.

Lors de la visite, le courtier immobilier lui a mentionné que les travaux de rénovation avaient été effectués par le propriétaire lui-même, un charpentier-menuisier de métier.

«Quand j'ai visité la première fois, les murs au sous-sol venaient d'être fermés, ça faisait deux jours. J'ai demandé au courtier pour quelles raisons les murs avaient été fermés et comment c'était fait en arrière. Il m'a assuré qu'il avait tout vu en arrière des murs et qu'il n'y avait aucun défaut majeur, aucun vice caché», explique Mme Tremblay.

À la suite de l'inspection par un professionnel, elle a fait l'acquisition de la maison en septembre 2012 au coût de 165 000 $. Quelques mois après y être emménagée avec ses deux enfants, le cauchemar a débuté.

«J'ai commencé à avoir des symptômes de grippe. Tout l'hiver, j'ai été malade, mes enfants aussi. J'ai fait des otites, un abcès, une grippe sans fin».

En septembre 2014, elle a constaté l'apparition de taches de moisissures brunes et noires à la base des murs et sur le plancher de béton du sous-sol. «J'ai fait faire des tests de moisissure, et nous avons été en mesure de faire un lien entre mes problèmes de santé et la maison.»

Le choc a été encore plus grand lorsqu’est venu le moment d’inspecter dans les murs du sous-sol.

«Il y avait autrefois un vide sanitaire que le vendeur a lui-même excavé et refait en béton coulé. Quand on ouvre les murs, on peut voir que le béton est mal posé. [...] Le béton a seulement un pouce et demi d'épais», dit la mère de famille.

Elle maintient qu'à d'autres endroits, de l'uréthane a été giclé directement sur de la terre et que le béton est tellement mince par endroits que des racines poussent au travers.

«On peut voir aussi que des solives ont été raboutées, parce qu'elles ont toutes une partie pourrie.»

Pour sa santé et celle de ses enfants, elle a quitté la résidence pour s'installer chez ses parents, où elle réside depuis maintenant deux ans. Elle doit, malgré tout, continuer à payer l'hypothèque et les assurances qui, selon elle, ont quadruplé puisque la maison est inhabitée.

«J'ai au-dessus de 30 000 $ en frais d'avocats, et des milliers de dollars en frais d'expertises que je dois payer.»

Désespérée, elle s'est tournée vers les tribunaux pour tenter de mettre fin à la situation. Elle poursuit le vendeur, l'agence immobilière Royal LePage et son courtier Patrick Gaudreault, de même que l'inspecteur Damien Cyr pour plus de 250 000 $.

«J'ai fait appel à un inspecteur et j'ai fait confiance à un courtier immobilier. Ce sont des professionnels, ils sont supposés être là pour encadrer et pour empêcher qu'on se ramasse avec une situation comme ça. Tout ce que je souhaite, c'est qu'on fasse une résolution de vente et qu'on me dédommage pour tous les problèmes physiques et moraux.»

«Je trouve ça vraiment difficile parce qu'on dirait que c'est comme ma vie qu'on m'a détruit. Ce n'est pas juste une maison, il y a de grands impacts sur moi, mes enfants, mes parents, qui sont à la retraite», confie-t-elle avec émotions.

Les parties visées par la poursuite ont refusé de commenter ou n'ont pas rendu les appels de TVA Nouvelles.