/news/currentevents

«Les soins aux résidents avant la judiciarisation», se défend le CHSLD

TVA Nouvelles

Le CHSLD de Sherbrooke, en Estrie, où s’est produit une altercation mortelle entre deux résidents s’est défendu de n’avoir contacté les policiers que douze heures après l’incident, mercredi, lors d’un point de presse.

La bagarre entre les deux résidents, âgés de 72 et 74 ans, est survenue lundi soir dans une unité spécialisée du pavillon Argyll. Celui de 74 ans serait mort au cours de la querelle et son décès a été constaté sur les lieux.

«Notre réflexe est davantage axé sur le ''prendre soin'' que sur la judiciarisation d’un processus», a déclaré Sylvie Moreau, directrice du Soutien des personnes en perte d’autonomie au CSSS Institut universitaire de gériatrie de Sherbrooke.

«J’ai un problème avec ça. On n’a pas le droit de jouer à la police, où que l’on se trouve. Quand il y a quelqu’un qui subit une attaque aussi violente, on doit appeler la police», a quant à lui soutenu Paul Brunet, président du Conseil pour la protection des malades.

«Nous sommes un milieu clinique qui prend soin d’une clientèle vulnérable, et que lorsque se produit un incident qui affecte nos résidents, il est de notre devoir de se préoccuper de prendre soin, dans un premier temps, des résidents, et des proches de ces personnes-là», a poursuivi Mme Moreau.

«Immédiatement après les événements, la famille de la victime a été informée et la famille de l’autre personne a été avisée un peu plus tard», a ajouté la directrice du Soutien des personnes en perte d’autonomie.

Le président du Conseil pour la protection des malades s’explique mal cet incident. «De toute évidence, on a manqué de supervision si on connaissait déjà l’agressivité de cette personne-là», a dit Paul Brunet, en entrevue avec TVA Nouvelles.

«La chose la plus sûre à faire, appeler la police, ne semble pas avoir été faite», a conclu le président du Conseil pour la protection des malades.

L'avocat spécialisé en droit de la santé, Me Jean-Pierre Ménard soutient que le manque de personnel dans les CHSLD menace trop souvent la sécurité des patients.

Les agressions dans les CHSLD se multiplient. Dans son dernier rapport, le Protecteur du citoyen écrit: «Il est déplorable de constater que certains établissements considèrent ces altercations comme inévitables et les banalisent».

«Depuis 2 ou 3 ans, on a tellement réduit le personnel dans les CHSLD qu'on impose des situations qui n'ont pas d'allure au personnel. Selon toute évidence, on a manqué de surveillance au moment de l'agression», a mentionné Me Paul G. Brunet, président du Conseil de protection des malades.

Une enquête a été ouverte pour établir la cause et les circonstances de la mort du septuagénaire.

Dans la même catégorie