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Six ans à souffler sur la flamme souverainiste

Régys Caron | Journal de Québec

ANNIE T. ROUSSEL/JOURNAL DE QUEBEC/AGENCE QMI

Jean-François Lisée peut bien avoir écarté la tenue d'un référendum avant 2022, il devra entre-temps souffler sur la flamme souverainiste et faire preuve d’humilité, souhaite Gilles Duceppe.
 
«Il n’y a pas de contradiction entre le bon gouvernement et la souveraineté, il faut démontrer ce que ça veut dire», plaide Gilles Duceppe en entrevue avec notre Bureau parlementaire.
 
L’ex-chef du Bloc québécois salue la décision de Jean-François Lisée de saisir au bond la proposition d'Alexandre Cloutier quant au lancement de chantiers de réflexion sur la souveraineté. «C’est une bonne nouvelle», dit-il.
 
S’il souhaite faire avancer la cause, le PQ de Jean-François Lisée devra s’efforcer de convaincre, insiste Gilles Duceppe. «Il faut démontrer qu’on est les meilleurs dans la défense des intérêts du Québec [...] qu’on dise les vraies choses sur les revendications en santé, qu’on démontre que la souveraineté est la meilleure des solutions.»
 
Bien qu’il reconnaisse que le PQ ne serait pas prêt à tenir un référendum sur la souveraineté, Gilles Duceppe dit avoir noté une contradiction dans le discours de victoire de Jean-François Lisée.
 
«C’est trop tôt, deux ans avant l’élection, pour dire qu’il n’y aura pas de référendum [...] Il y a une contradiction si on dit qu’il n’y aura pas de référendum et, en même temps, que nous sommes des irréductibles [de la souveraineté].»
 
Bernard Landry considère pour sa part que Jean-François Lisée a le mérite d’avoir fait preuve de clarté en écartant la tenue d’un référendum dans un premier mandat péquiste. «Le calendrier, la mécanique, ça a toujours été problématique. Souvent, les gens n’ont pas éclairci les choses. Il a tourné le dos à cette imprécision qui a fait beaucoup de tort auparavant.»
 
Surprise
 
La victoire de Jean-François Lisée étonne les deux anciens chefs souverainistes par son ampleur. «Ce n’est pas serré du tout, reconnaît Gilles Duceppe, qui appuyait Alexandre Cloutier.» Le député de Rosemont s’est démarqué par sa personnalité et la qualité de son discours, ajoute Bernard Landry. «Il s’est montré convaincant avec la pertinence de ses explications, la façon de s’exprimer.»
 
L’affaire Charkaoui n’en demeure pas moins une erreur commise par Jean-François Lisée, croient MM. Duceppe et Landry. «Il a manqué de jugement et de dignité. Ce jugement porte sur cette déclaration, pas sur sa carrière politique», nuance Gilles Duceppe. «Ce fut un dérapage spectaculaire, ça arrive en politique», ajoute Bernard Landry.
 
Gilles Duceppe invite le nouveau chef du PQ à éviter l’arrogance. «Lucien Bouchard m’a déjà dit qu'en politique il faut avoir un gros ego et beaucoup d’humilité. Jean-François a un gros ego; pour l’humilité, il va falloir qu’il en fasse la preuve.»
 
 
 
 

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