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Le batteur Guy Nadon est décédé

Yan Lauzon | Agence QMI Yan Lauzon

Le musicien Guy Nadon ne fera plus résonner sa batterie. Celui qu’on surnommait «le roi du drum» s’est éteint à 2 h dans la nuit de samedi à dimanche, au Centre d’hébergement de la Maison neuve, à Montréal, où il résidait depuis environ un an. Il avait 82 ans.

L’artiste autodidacte qui a mené une carrière pendant 70 ans est décédé d’une maladie des reins qui l’affligeait depuis de nombreuses années.

«Il a survécu plus longtemps que ce à quoi on s’attendait. Son état s’était détérioré subitement depuis plusieurs semaines. Il ne pouvait plus recevoir ses traitements de dialyse. Quand il n’y a plus de dialyse, ça va très vite», a confié sa gérante, Véronique Robert.

Celle-ci précise que le musicien n’a pas souffert. «Il était inconscient. Il est tombé dans un coma et est parti tout doucement», a-t-elle dit.

En juin, Guy Nadon a tiré sa révérence en offrant un dernier spectacle au Festival de jazz de Montréal, un événement qu’il connaissait bien pour s’y être produit tous les ans depuis ses débuts. Il y a d’ailleurs reçu le prestigieux prix Oscar Peterson en 1998.

À l’été 2015, Guy Nadon a amorcé un séjour de trois mois à l’hôpital, car il ne mangeait plus et ne marchait plus. Depuis cinq ans, il recevait trois traitements de dialyse toutes les semaines.

Aux côtés des grands

C’est à 11 ans que Guy Nadon, né dans l’est de Montréal en janvier 1934, a amorcé sa carrière en choisissant les percussions.

Prêt à faire de la musique sur tout ce qui lui tombait sous la main, l’homme n’a acquis sa première batterie qu’à l’âge adulte. Il idolâtrait notamment Buddy Rich et Gene Krupa, figures connues de l’industrie du jazz dans les années 1940 et 1950.

Sur scène, il a accompagné des chanteurs très connus tels que Ginette Reno, Charles Aznavour et Alys Robi. Il a aussi fait partie du Big Band de Vic Vogel. Certains le connaissaient également comme étant le batteur des Jérolas, duo formé de Jean Lapointe et du regretté Jérôme Lemay.

À Montréal, le défunt club Mocambo lui a permis de jouir d’une belle visibilité auprès des mélomanes.

De plus, on lui doit la création de la troupe de jazz La Pollution des sons, qui comptait sept membres, au milieu des années 1970. Ce n’est toutefois qu’en 1975, à 41 ans, qu’il a concocté un premier album.

Mêlant compositions (il en a écrit une centaine durant sa vie) et reprises de classiques du jazz, un premier CD de Guy Nadon a été enregistré en 1997, lors d’une prestation à la Maison de la culture Frontenac. On peut notamment y entendre les célèbres «Sweet Georgia Brown» et «Hey! Ba-Ba-Re-Bop».

À l’honneur

Quelques années plus tôt, en 1992, le principal intéressé s’est retrouvé sur les écrans de cinéma grâce à Serge Giguère qui lui a consacré un acclamé documentaire intitulé «Le roi du drum».

À l’aise devant les caméras, il a participé au tournage de «Un toit, un violon, la lune», s’immisçant dans le Chez-nous des artistes pour Carole Laganière.

Parmi les honneurs qu’il a reçus, notons la bourse du Conseil des arts et des lettres du Québec qui lui a été décernée en 2007, alors qu’il fêtait ses 60 ans de carrière.

Parue en 2009 aux Éditions Québecor, son autobiographie «Guy Nadon, le roi du drum» a été rédigée avec la collaboration de Jean-Pierre Douville.

Les détails du service funéraire ne sont pas encore connus.

- Avec Élizabeth Ménard, Le Journal de Montréal