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L'aide médicale extérieure n'est pas nécessaire après l'ouragan

Agence France-Presse

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) appelle au renforcement des structures sanitaires haïtiennes au lieu d'une intervention médicale extérieure, jugée inutile pour gérer la crise humanitaire en Haïti après le passage de l'ouragan Matthew, a indiqué mardi son représentant en Haïti.

«Les meilleures personnes pour aider les Haïtiens ce sont les Haïtiens. Il y a des personnes qui sont sans travail dans le pays: encouragez à ce que ces personnes aient un emploi et puissent aider leur population», a déclaré Jean-Luc Poncelet lors d'une conférence de presse.

Rétablir les structures de santé dans les zones affectées est la priorité. Les hôpitaux de Jérémie et des Cayes ont été touchés, mais peuvent néanmoins accueillir des patients.

«Les équipes y fonctionnent, mais dans des conditions extrêmement pénibles avec des limitations en énergie électrique, en accès à l'eau et en intrants» (médicaments, pansements, etc.), a témoigné M. Poncelet.

La crise humanitaire provoquée par le passage dévastateur de l'ouragan Matthew en Haïti suscite un élan de solidarité à l'échelle mondiale, mais l'OMS veut rationaliser l'aide à hauteur des besoins réels.

«Les ONG sont présentes ici depuis de très nombreuses années: il faut donner priorité aux institutions qui travaillent déjà dans le pays. Elles parlent créole et français, elles connaissent les gens et donc elles sont les plus efficaces», a-t-il souligné.

Contrairement à la situation post-séisme en 2010, le pays est aujourd'hui en mesure de traiter les victimes, qu'il s'agisse des blessés pendant l'ouragan ou de l'action urgente pour éviter une flambée du choléra.

«Les médicaments mobilisés pour le moment sur demande du ministère de la Santé vont suffire pour les semaines qui viennent», a assuré M. Poncelet.

Car, à cause des importantes inondations liées à l'ouragan, le choléra est la plus grande préoccupation des autorités et de la communauté humanitaire.

Près de 150 cas suspects ont été recensés dans le département de la Grande Anse, sur la trajectoire directe de Matthew, alors que le Sud a enregistré une cinquantaine de cas.

Depuis octobre 2010, l'épidémie a fait près de 10 000 morts et --avant même le passage de Matthew-- avec toujours plus de 500 cas chaque semaine, le pays faisait déjà face à la pire épidémie de l'histoire récente à l'échelle mondiale.

L'OMS a annoncé mardi l'envoi d'un million de doses de vaccin en Haïti.

«Il n'y a pas de raison de vacciner l'entièreté de la population: c'est un vaccin qui est en quantité faible dans le monde et qu'on doit utiliser très précieusement», a précisé M. Poncelet.

La campagne de vaccination devrait débuter rapidement, mais ne pourra suffire seule à endiguer l'épidémie. L'accès à l'eau potable est un impératif, mais c'est un défi de taille, car selon l'ONU, 42% des Haïtiens n'avaient pas un accès sûr à l'eau potable avant Matthew.

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