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Les nationalistes écossais préparent l'indépendance à l'ombre du Brexit

Agence France-Presse

Les nationalistes au pouvoir en Écosse se réunissent jeudi pour leur congrès annuel avec l'indépendance sur la table, après le vote du Royaume-Uni pour quitter l'Union européenne.

La première ministre écossaise Nicola Sturgeon, chef du Parti national écossais (SNP), a promis d'explorer «toutes les options» pour protéger la place de l'Écosse dans l'UE, puisqu'elle a voté à 62% pour rester dans le club.

Cela signifie pour les nationalistes un second vote sur l'indépendance du reste du Royaume, même après l'échec du précédent référendum en 2014, qui a rejeté la sortie du Royaume par 55% des voix.

Vendredi, les délégués réunis à Glasgow débattront une motion prévenant que «si aucune solution viable pour protéger notre appartenance (à l'UE, ndlr) au sein du Royaume-Uni n'est trouvée, l'Écosse doit se préparer à un second référendum sur l'indépendance».

Toni Giugliano, membre du SNP d'Édimbourg et auteur de la motion, explique qu'il s'agit d'un «ultimatum à la première ministre britannique Theresa May, qui doit trouver un moyen de garder l'Écosse dans l'UE, faute de quoi elle cherchera à rester membre en tant que pays indépendant».

Mais Theresa May a clairement dit pendant le congrès de son parti conservateur la semaine dernière que le Brexit n'est pas facultatif. «Nous avons voté au référendum en tant que Royaume-Uni, nous négocierons en tant que Royaume Uni et nous quitterons l'Union européenne en tant que Royaume-Uni», a-t-elle assuré.

«Le Brexit n'est pas facultatif. Et je ne laisserai pas des nationalistes diviser et miner la précieuse union entre les quatre nations du Royaume-Uni», a-t-elle ajouté.

Le SNP domine le parlement semi-autonome de l'Écosse depuis près de dix ans et a déjoué les pronostics sur son déclin après le refus de l'indépendance en 2014. Il a gagné deux fois plus de voix que ses opposants aux élections générales de 2015 et à celles pour le parlement écossais en 2016.

Après le vote du 23 juin pour le Brexit, Nicola Sturgeon avait jugé «très probable» un second référendum. Elle s'est empressée de se rendre à Bruxelles pour tâter le terrain auprès des Européens, qui l'ont accueillie avec sympathie, tout en lui laissant entendre qu'ils ne souhaitaient pas se mêler des querelles internes au Royaume Uni.

Le congrès de Glasgow sera suivi avec intérêt par ceux qui souhaitent comprendre où va l'Écosse: «Depuis fin juin, il y a eu beaucoup de sympathie exprimée pour l'Écosse et de curiosité sur ce qu'elle va faire», dit à l'AFP une ex-conseillère politique de la Commission européenne, Kirsty Hughes. «On va voir si Nicola Sturgeon dévoile la façon dont elle va jouer la partie».

Nicola Sturgeon se montre très intéressée par l'exemple du Groenland, qui est sorti de l'UE en 1985 alors que le Danemark, membre du même Royaume, y restait.

Au terme de la théorie du «Groenland à l'envers», l'Angleterre et le Pays de Galles, qui ont voté pour le Brexit, quitteraient l'UE, mais l'Écosse, l'Irlande du Nord et Gibraltar, qui ont voté pour le maintien, resteraient membres de l'UE.

Cette idée peut paraître fantaisiste, mais pour Russell Gunson, directeur de l'institut de recherche politique publique (IPPR) d'Écosse, Londres et Édimbourg doivent étudier ce genre d'hypothèses à première vue «farfelues». «Sinon, les options de l'Écosse seront considérablement limitées», souligne-t-il.

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