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L’inflation s’accélère au Royaume-Uni

Agence France-Presse

L'inflation a atteint son plus haut niveau depuis près de deux ans au Royaume-Uni au moment où la chute de la livre sterling fait craindre un renchérissement des produits importés, a annoncé mardi l'Office des statistiques nationales (ONS).

La hausse des prix à la consommation s'est accélérée, à 1,0% en septembre sur un an, a précisé l'ONS, soit nettement plus que celle enregistrée en août (+0,6% sur un an).

La livre a plongé ces derniers mois après la décision des Britanniques par référendum le 23 juin de quitter l'Union européenne.

L'inflation n'avait pas été aussi vigoureuse depuis novembre 2014 et avait diminué dans les mois qui avaient suivi au point d'osciller autour de 0 puis de remonter progressivement à partir de la fin 2015.

Pour expliquer cette assez brusque poussée de fièvre en septembre, l'ONS a mis entre autres en avant une hausse des prix des vêtements et de l'essence, ainsi qu'une stabilisation des prix du gaz qui avaient baissé l'an passé.

Mais l'ONS s'est montrée très prudente dans l'interprétation de ces données, se refusant à faire un lien direct et complet entre la chute de la livre enregistrée depuis le 23 juin et l'accélération de l'inflation.

La monnaie britannique a atteint le 7 octobre son plus bas niveau en sept ans et demi face à l'euro et en plus de 31 ans face au dollar. Les cambistes vendent la livre sterling à tour de bras depuis le 23 juin en raison des incertitudes planant autour du processus de sortie britannique de l'UE et de la crainte d'un «Brexit dur» qui priverait les entreprises du pays de l'accès libre au marché unique européen.

Cette évolution fait craindre une hausse des prix des denrées importées et notamment la fin d'une baisse des prix alimentaires qui a bénéficié ces dernières années aux consommateurs britanniques.

«L'impact de la dépréciation de la livre sur les prix des produits ne se fait pas encore ressentir», a jugé Samuel Tombs, analyste chez Pantheon Macroeconomics, en raison du délai habituellement constaté entre la baisse d'une monnaie et sa traduction concrète sur les étiquettes des magasins.

Mais il a prévenu que la hausse des prix à l'importation se ferait sentir à plein d'ici un an, prévoyant une inflation qui pourrait atteindre jusqu'à 3,5%.