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EXCLUSIF | «Il n’y a aucun moyen pour lui montrer la porte»

TVA Nouvelles

La vice-première ministre du Québec et ministre responsable de la Condition féminine, Lise Thériault, assure qu’elle n’était pas au courant des supposés agissements du député libéral Gerry Sklavounos.

«J’ai comme l’impression que tout d’un coup tout le monde parle», a-t-elle expliqué en entrevue exclusive à TVA Nouvelles.

«C’est sûr qu’entre députés il y a une certaine collégialité, mais moi je ne me tiens pas dans les restaurants de la Grande-Allée. Cela fait quand même 15 ans que je suis au Parlement, j’ai des horaires qui sont hyper chargés comme ministre, beaucoup de réunions, beaucoup de comités.»

Quant à savoir si le député de Laurier-Dorion, au coeur de la controverse depuis jeudi après des allégations d’agression sexuelle, devait démissionner, Mme Thériault a indiqué que la décision lui revenait.

«C’est à lui de prendre cette décision-là. Nous, à partir du moment où il est sorti du caucus, il ne fait plus partie de notre équipe», a-t-elle dit.

«J’imagine qu’il lit les journaux, qu’il écoute les nouvelles comme tout le monde. Il n’y a que son jugement, il n’y a aucun moyen pour lui montrer la porte.»

La ministre de la Condition féminine s’est par ailleurs dite «heureuse» que des femmes osent dénoncer les agressions dont elles sont victimes.

«Je suis heureuse qu’il y ait des jeunes femmes aujourd’hui qui lèvent la main, qui disent "il s’est passé ça, regardez". Oui, il faut dénoncer», a-t-elle affirmé.

Gestion des agressions à l’Université Laval

Critiquée par certains pour son manque d’empathie envers les étudiantes de l’Université Laval victimes d’agression sexuelle en fin de semaine dernière à Québec, Lise Thériault a tenu à préciser la hiérarchie gouvernementale qui a prévalu dans ce dossier.

«Ce qu’il faut comprendre, c’est que chacun des ministres au gouvernement a une responsabilité. À partir du moment où il y a des événements qui se passent sur un campus universitaire, c’était la responsabilité de la ministre de l’Enseignement supérieur d’être là», a-t-elle précisé.

«Je veux vous rassurer. Hélène David et moi avons été en communication toute la fin de semaine (...) À partir du moment où Hélène était là et qu’on se parlait, c’était correct pour moi. Elle a été en mesure de rencontrer les différents intervenants et c’est sa place aussi comme ministre responsable de l’Enseignement supérieur.»

La députée d’Anjou-Louis-Riel a ajouté que la présence de Mme David sur le campus a permis à la ministre de prendre les mesures adéquates à la situation.

«C’est dans sa cour, c’est elle qui va être chargée d’appliquer ces choses-là et de veiller à cette consultation. Mais on travaille en équipe.»

Prévention des violences faites aux femmes

Interrogée sur le retard pris par le plan gouvernemental sur la prévention et la lutte des violences faites aux femmes, Lise Thériault a expliqué que les événements survenus à Val-d’Or avaient changé la donne.

«Le plan a été fait au départ par ma collègue Stéphanie Vallée, ancienne ministre de la Condition féminine. Mais les événements de Val-d’Or sont venus changer la donne. On ne peut pas penser que l’on va sortir un plan pour prévenir et lutter contre les violences faites aux femmes sans tenir compte de ces événements», a-t-elle fait savoir.

«Cela a eu pour effet de retarder le tout, mais le plan sera annoncé très bientôt (...) Tout ce qui arrive aux femmes, oui je le regarde, oui ça vient me chercher. Il y a une stratégie qui va sortir, en équipe.»

Elle invite finalement les femmes victimes d’agression sexuelle à parler et à contacter la ligne-ressource sans frais (1-888-933-9007) mise en place par le gouvernement.

«À partir du moment où l’on dénonce, c’est très libérateur. C’est comme ça que l’on est capable de changer les choses. Parce qu’il y en a qui dénoncent, il y en a qui vont dénoncer...»

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