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Hillary Clinton désormais à la recherche d'une victoire éclatante

Agence France-Presse

«Je ne veux pas gagner de justesse, je veux gagner très largement», confiait fin septembre Robby Mook, le directeur de campagne d'Hillary Clinton.

Dopée par les sondages, galvanisée par le dernier débat présidentiel qu'elle a encore dominé, la candidate démocrate à la Maison-Blanche cherche désormais à s'offrir une victoire éclatante à l'élection présidentielle du 8 novembre, et à pousser au maximum les démocrates au Congrès, avec l'espoir de reconquérir le Sénat.

Son ambition ne se limite pas seulement aux États-clés, nécessaires pour gagner l'élection, et où Mme Clinton a creusé une avance souvent confortable ces dernières semaines, face au républicain Donald Trump.

Dans la dernière ligne droite avant l'élection, elle est aussi partie à la conquête de bastions traditionnels républicains, dont certains semblent à portée de main.

Mme Clinton a ainsi décidé d'«augmenter de manière spectaculaire», ses efforts dans l'Arizona, a déclaré cette semaine son directeur de campagne, expliquant que la «rhétorique haineuse de Donald Trump y avait ouvert de nouvelles portes au parti démocrate».

Deux millions de dollars vont y être investis en publicités télévisées, numériques et papier, a précisé Robby Mook.

Cet État du sud-ouest, qui a voté républicain lors de 15 des 16 dernières élections présidentielles, est devenu la nouvelle frontière pour Mme Clinton.

Elle y a dépêché ses meilleurs émissaires: jeudi, la très charismatique Michelle Obama a fait campagne à Phoenix, la capitale de l'État, y dénonçant la vision «complètement dénuée d'espoir» de Donald Trump. Mercredi, Chelsea Clinton, la fille de la candidate démocrate, était venue dans la ville voisine de Tempe. Et mardi, l'ancien rival de Mme Clinton aux primaires, Bernie Sanders s'est appliqué à mobiliser les énergies à Flagstaff.

Trente pour cent de la population de l'Arizona est hispanique, donc sensible au sujet de l'immigration. Et les sondages y montrent Donald Trump, grand avocat d'un mur à la frontière mexicaine, désormais légèrement devancé par Mme Clinton.

L'enquête d'opinion la plus récente accorde même cinq points d'avance à la démocrate (39% Clinton, 33,9% Trump, sondage Arizona Republic). Un électeur sur cinq affirme cependant ne pas avoir décidé pour qui il votera.

«C'est un État qui fermerait vraiment le chemin de la victoire vers la Maison-Blanche à Donald Trump», a souligné Robby Mook.

L'offensive Clinton englobe les élections au Sénat et à la Chambre, et celle des gouverneurs, qui auront aussi toutes lieu le 8 novembre, en plus de milliers de scrutins locaux.

Un tiers du Sénat (34 sièges) sera soumis à renouvellement, ainsi que les 435 sièges de la Chambre des représentants et 12 postes de gouverneur.

Dans l'Indiana et le Missouri, deux Etats solidement républicains, un million de dollars vont ainsi être investis par la campagne Clinton pour encourager notamment la participation démocrate aux élections sénatoriales et de gouverneur.

L'entourage de Mme Clinton va aussi investir six millions de dollars supplémentaires pour encourager la participation dans les États-clés de l'Ohio, Floride, Pennsylvanie, Nevada, Caroline du Nord, Iowa et New Hampshire. Outre leur rôle déterminant dans la présidentielle, c'est aussi dans ces Etats que se jouera la majorité au Sénat, selon sa campagne.

Mme Clinton est donnée gagnante dans tous ces Etats, à l'exception de l'Ohio, désormais dans la marge d'erreur, et de l'Iowa.

Sa campagne garde un oeil sur d'autres États résolument républicains, mais où les propos outranciers de Donald Trump ont hérissé une partie de l'électorat. C'est le cas notamment de l'Utah, où Evan McMullin, un petit candidat indépendant, mormon, est à 24,4% des intentions de vote en moyenne, contre 30,8 pour M. Trump et 25,2 pour Mme Clinton.

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