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«On a débuté l’enquête la journée où la plainte a été déposée»

TVA Nouvelles

Le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) prend très au sérieux les allégations d’Alice Paquet qui soutient qu’elle a été violée par Gerry Sklavounos à l’été 2014 dans une chambre d’hôtel où le député libéral logeait quand il siégeait à l’Assemblée nationale.

Le commandant responsable des enquêtes criminelles à la police de Québec, Sylvain Gagné, assure que dès mars 2016, les enquêteurs ont travaillé au dossier. «On a débuté l’enquête la journée où la plainte a été déposée», soutient le policier du SPVQ.

Hier, des informations ont filtré quant à de possibles problèmes de communication entre les policiers et la présumée victime. «Non, pas particulièrement, a dit le commandant Gagné en entrevue à TVA Nouvelles. Toutes les victimes ont leur cheminement, ont une vitesse différente pour travailler avec nous. Le processus est difficile pour elles, la dénonciation est douloureuse. Elles ont parfois des craintes, sont anxieuses. On respecte nos victimes, on a besoin d’elles pour la poursuite du dossier.»

Qu’a fait la police exactement avec ce dossier en mars? «Dès le début, on a parlé avec Mme Paquet. On a pris des rendez-vous, on a poursuivi les appels, on lui a parlé hier, et on l’incite à poursuivre les démarches pour cheminer dans le dossier. On doit la revoir, on veut continuer le dossier», explique Sylvain Gagné.

Enquête interne

«Je lui ai tout raconté au policier et il a pris des notes. Il n’a pas dit grand-chose», a-t-elle indiqué, précisant avoir été écoutée. Elle soutient toutefois s’être sentie défiée par l’agent qui lui a rappelé à plusieurs reprises que Gerry Sklavounos était un député et un ancien avocat de la défense, rapporte le Journal de Québec dans son édition d’aujourd’hui.

«Au niveau des paroles qui auraient été prononcées par un policier, on a pris ça très au sérieux. La direction a demandé des vérifications, une enquête. On peut vous confirmer qu’aucun policier n’a tenu ses propos, c’est beaucoup trop important. Ça aurait été inacceptable», fait savoir le commandant Gagné.

En avril, une enquêteuse du SPVQ a contacté Alice. «Je répondais plus. J’ai eu peur. Je me disais que si Gerry le savait qu’il enverrait des gens pour me menacer. Je me sentais vraiment seule là-dedans», a-t-elle confié au Journal de Québec.

Alice Paquet a toutefois senti le besoin de préciser lors de ses entrevues télévisées hier soir que ce sont des gens de son entourage, des collègues de travail qui l’ont dissuadée de porter plainte et non pas des policiers du SPVQ. Elle se dit aujourd’hui prête à parler aux policiers.

Trousse médico-légale

La jeune femme a déclaré mercredi soir lors d’un rassemblement à l’Université Laval qu’il y avait une «trousse médico-légale qui n’avait pas abouti».

La trousse médico-légale est un examen effectué par un professionnel de la santé à l’hôpital afin de faire des prélèvements — sperme, salive, sang, fluides corporels, cheveux, poils pubiens, etc., sur le corps et les vêtements de la victime — dans l’éventualité où celle-ci souhaite porter plainte à la police.

«Il y a des échantillons pour la poursuite et la défense. Les échantillons [de la trousse médico-légale] sont bons pour plusieurs années, il n’y a pas de perte. On va faire le suivi avec ce qu’il y a de fait au niveau médical, avec la trousse dans ce dossier-là», précise le policier Gagné.

L’agresseur allégué de la jeune Alice, Gerry Sklavounos, n’a toujours pas été rencontré par les enquêteurs. «Il y a des enquêteurs spécialisés dans ce genre de dossier. Notre victime est la personne centrale, la plus importante, mais on a aussi des témoins, des faits à corroborer, des rapports à récupérer, et ultimement le suspect sera rencontré», ajoute le policier.

Le dossier du SPVQ dans cette enquête de viol présumée est-elle différente maintenant que les identités de la victime et de celui qu’elle désigne comme son agresseur sont connues?

 «Ça reste les mêmes faits, la même preuve, il s’est passé un événement entre deux personnes. Nous sommes à la recherche de la vérité là-dedans, on va essayer de corroborer tout ça. Bien entendu ce qui est dit dans les médias va être récupéré, ce sont des déclarations que Mme Paquet fait, elle est libre de le faire. On va tout mettre bout à bout pour faire la lumière là-dessus, sur ce qui s’est passé réellement», conclut le commandant Sylvain Gagné.

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