/news/currentevents

Alice Paquet n'aurait pas rencontré les enquêteurs comme prévu lundi

Agence QMI

Alice Paquet, cette jeune femme qui a accusé le député libéral Gerry Sklavounos de l’avoir agressée sexuellement, n'aurait finalement pas rencontré les enquêteurs du Service de police de Québec comme il était prévu lundi.

Mercredi dernier, Mme Paquet a témoigné de son cas personnel lors d’une vigile en support aux victimes de la vague d’agressions et d’entrées par effraction survenues à l’université Laval. Le lendemain, en entrevue avec divers médias, elle a livré davantage de détails, ainsi que le nom de son prétendu agresseur.

Dans une lettre ouverte publiée dans Le Devoir, elle déplore que, depuis, son passé et son histoire aient été passés au crible, tant dans les médias traditionnels que sociaux. «J’ai en effet perdu le contrôle sur l’histoire, les faits et leur interprétation: alors que j’avais été présentée d’abord comme une fille confuse, puis comme une ex-prostituée, tout était mis en œuvre pour éroder la force et la crédibilité de ma parole», a écrit la jeune femme dans sa lettre publié dans Le Devoir.

Pourtant, le directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) est catégorique: le passé sexuel d'une victime est inadmissible devant un juge.
 
«En droit criminel, il y a des mythes qui ont été évacués, rejetés depuis longtemps. Une victime qui a un passé sexuel, même si elle avait un passé sexuel d'escorte, n'est pas plus susceptible d'accepter de se faire agresser qu'une autre. Absolument pas. C'est inadmissible en droit», souligne Me Jean-Pascal Boucher, porte-parole du DPCP.
 

Vendredi, le blogueur Paul-André Beaulieu a révélé qu’Alice Paquet a déjà été présentée comme étudiante au cégep F.-X.-Garneau et ex-prostituée lors d’une conférence sur la prostitution en mars dernier.

«[...] Comme si une telle information avait une incidence sur le bris de consentement dont j’ai été victime, à l’instar de tant de femmes. Cette intrusion dans ma vie privée ne m’apparaît pas seulement comme du voyeurisme déplacé, mais constitue bien le prolongement d’une longue tradition de dénigrement des femmes qui osent parler de sujets tels que le viol ou le harcèlement», a répliqué Mme Paquet dans sa lettre.

La victime s’est aussi adressée aux personnes qui ont remis en question ses agissements et décisions. «Beaucoup de réponses me viennent à l’esprit: parce qu’on m’a fait comprendre qu’une femme qui se fait agresser l’aurait mérité. Parce que j’ai figé, que j’ai eu peur, que j’ai cédé», a-t-elle affirmé.

Interrogé sur la possibilité de la tenue d’un procès par TVA Nouvelles, l’avocat Jean-Pierre Rancourt a souligné que les contradictions dans les différents témoignages d’Alice Paquet pourraient lui nuire devant un juge. Il a notamment tiqué sur le besoin de points de sutures - ou pas - après l’agression et estime qu'elle aurait intérêt à ne pas trop parler dans les médias.

Alice Paquet devait rencontrer les enquêteurs lundi, mais cette rencontre n'aurait pas eu lieu, selon nos sources. Une information que refuse de confirmer ou d'infirmer le Service de police de Québec.

Dans la même catégorie