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Le député Sklavounos brille par son absence

TVA Nouvelles

L'affaire Sklavounos secoue toujours la classe politique à Québec.

Alors que Alice Paquet, la présumée victime du député de Laurier-Dorion, a rencontré les policiers aujourd'hui, de nombreuses questions sont soulevées à l'Assemblée nationale.

Mme Paquet a parlé aux enquêteurs afin de leur apporter des précisions sur l'agression qu'elle aurait subie. Quant à Gerry Sklavounos, aucune trace du député devenu indépendant entre les murs du parlement.

«Pour ce qui est du reste, ça lui appartient», lance la présidente du caucus, Nicole Ménard.

Les anciens collègues de Gerry Sklavounos ne le cherchent pas et le premier ministre Couillard veut l'oublier en essayant plutôt de faire rapidement de la place à ses nouvelles recrues qui le représenteront aux prochaines élections partielles. Aussi, il l'a vite remplacé par le député Marc Tanguay comme leader parlementaire adjoint.

«Monsieur le président, on a tous été interpellés, le mot est faible... profondément ébranlés, même sur le plan personnel, par ce qui s'est produit au cours des derniers jours», a déclaré en Chambre le premier ministre.

«Moi, j'ai énormément de peine pour tous les proches qui sont touchés», témoigne Amir Khadir, député de Québec solidaire dans Mercier.

Le PQ informé à l'époque

De son côté, le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, trouve troublant le fait que le premier ministre n’ait pas été mis au courant, alors que le PQ, à l’époque où il était au pouvoir, avait déjà été informé des enquêtes qui touchaient ses propres députés.

«Moi, je pense que la Sûreté du Québec devrait le dire au chef du parti», soutient Jean-François Lisée.

Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, ne partage pas l’opinion du chef de l’opposition officielle. «Il a dit des choses qui ne correspondent pas à la réalité.»

Inquiète des propos de Jean-François Lisée, la Coalition avenir Québec a demandé, dans une motion, que l'Assemblée nationale réitère la séparation des pouvoirs de la police et de l'État. «Qu'il réitère que les forces policières n'ont pas à informer les partis politiques d'une enquête...»

«La police doit faire son travail», insiste le député de la CAQ dans Granby, François Bonnardel.

«Monsieur Lisée dit que ça prend des polices politiques», rétorque Jean-Marc Fournier, leader parlementaire du gouvernement.

Ni Jean-Marc Fournier, ancien chef intérimaire, ni Laurent Lessard, ancien whip, n'auraient eu d'informations sur le comportement de Gerry Sklavounos, malgré qu'une attachée politique du Parti québécois se soit plainte, en 2013, de ses propos déplacés.

Le Code d'éthique de l'Assemblée nationale stipule qu'un élu ne peut faire défaut de siéger durant une période déraisonnable, mais on ne précise pas le nombre de jours d'absence.

Gerry Sklavounos pourrait donc ne pas se présenter au parlement pour une longue période.

-D’après un reportage de Véronique Prince

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