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Le nombre de demandes d'aide à mourir varierait selon la religion

Charles Lecavalier | Journal de Québec

Simon Clark/Agence QMI

Gaétan Barrette estime que l’aide à mourir est davantage sollicitée dans la région de Québec, car sa population y est moins religieuse qu’à Montréal.

Le ministre de la Santé l’a constaté lui-même lors du dévoilement du premier rapport de la Commission sur les soins de fin de vie jeudi: le nombre de cas dans la grande région de Québec est beaucoup plus élevé par personne qu’à Montréal.

Dans la région administrative de Montréal, il y a eu 54 demandes d’aides médicales à mourir pour deux millions d’habitants, soit un patient par 37 000 personnes. À Québec, 45 personnes se sont prévalues de cette loi sur une population de 725 000, soit une demande pour 16 000 citoyens.

«Toute proportion gardée, ça ne tient pas la route», a lancé Gaétan Barrette.

Le fait religieux

Comment alors expliquer cette disparité? En prenant en compte le fait religieux. «Ça tient la route quand on regarde le tissu social de Montréal. À Montréal, on a des communautés ethniques qui sont plus nombreuses proportionnellement, par exemple, on a des communautés ethniques qui sont souvent plus religieuses que d'autres», a interprété le ministre de la Santé.

Du côté de la région de la Capitale-Nationale, la population «homogène», blanche et francophone, «a une relation avec sa propre religion» qui diffère. «On peut comprendre que, lorsqu'on arrive devant la question de la mort, que les catholiques francophones du Québec, compte tenu de leurs évolutions sociales, leurs pensées, soient différentes, par exemple, d'autres religions... Je ne veux pas nommer de religion, mais je pense que tout le monde comprend qu'il n'y a pas d'uniformité là-dedans au Québec», a-t-il statué.

«Culturellement on peut avoir des groupes très, très, très neutres par rapport à la mort. Par opposition, on peut voir des groupes qui sont très, très, très religieux, par exemple, par rapport à la mort», a-t-il expliqué.

M. Barrette fait une comparaison avec le cas récent d’une jeune dame décédée après avoir refusé une transfusion sanguine dans un hôpital de la région de Québec: «Je ne veux pas revenir là-dessus, mais c'est un peu comme les catholiques et les Témoins de Jéhovah. On n'a pas la même relation avec les transfusions».

Trois fois plus que prévu

Par ailleurs, le rapport révèle que le nombre de Québécois qui se sont prévalus de l’aide médicale à mourir depuis neuf mois est trois fois plus élevé que les prévisions de Gaétan Barrette.

Ce sont 262 personnes qui ont fait une demande d’aide médicale à mourir et dont le décès a été assisté par un médecin, le «triple» de ce à quoi s’attendait M. Barrette, qui a annoncé ces résultats en points de presse jeudi à l’Assemblée nationale.

Pour le reste, le radiologue de profession estime que «les choses se font selon les règles de l'art» et qu’il n’y a pas eu de «dérapage» dans l’application de la loi.

Le ministre souhaite toutefois simplifier le formulaire que les médecins doivent remplir et revoir la notion d’indépendance pour le deuxième médecin qui doit confirmer l’admissibilité du patient au programme.

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