/news/world

Ce que l'on sait sur la saga des courriels de Hillary Clinton

Nicolas Revise | Agence France-Presse

La saga des courriels de l'ancienne secrétaire d'État américaine Hillary Clinton empoisonne sa candidature à la Maison-Blanche, la démocrate étant accusée d'avoir «menti» et d'avoir risqué de disséminer des secrets d'État.

Voici ce que l'on sait après la relance surprise vendredi de l'affaire par le directeur du FBI James Comey, à une semaine de l'élection du président des États-Unis.

Provoquant un choc dans une campagne hors normes, James Comey a annoncé vendredi, dans une brève déclaration écrite au Congrès, la découverte de nouveaux courriels qui pourraient être liés à Hillary Clinton du temps où elle pilotait la diplomatie américaine (2009 à 2013).

Selon la presse américaine, des milliers de courriels du département d'État ont été récemment retrouvés sur un ordinateur portable d'un ancien élu démocrate de la Chambre des représentants, Anthony Weiner, le mari d'une très proche collaboratrice de Hillary Clinton, Huma Abedin. Ces courriers électroniques pourraient contenir des informations classées au niveau confidentiel ou secret défense.

Le FBI ne s'est cependant pas encore penché sur le contenu de ces courriels. La police a besoin d'un nouveau mandat d'enquête qu'elle aurait obtenu dimanche soir, selon la télévision NBC.

La personnalité et le comportement d'Anthony Weiner soulèvent toutefois nombre de questions: Huma Abedin s'est séparée de son époux en août et il fait l'objet d'une enquête pour avoir envoyé des SMS à caractère sexuel à une adolescente de 15 ans. C'est dans le cadre de cette enquête pénale que les courriels ont été découverts.

La lettre du chef du FBI au Congrès ne rouvre pas en tant que tel l'enquête, contrairement à ce que le candidat républicain Donald Trump a laissé entendre. Le FBI pourrait rouvrir son enquête s'il parvenait à mettre au jour des entraves à sa précédente investigation bouclée en juillet ou une mauvaise gestion intentionnelle d'informations confidentielles, selon le «New York Times».

En effet, M. Comey, un juriste républicain -- même s'il n'est plus encarté -- ancien procureur fédéral et ex-ministre adjoint de la Justice, avait conclu le 5 juillet en recommandant de ne pas poursuivre en justice Hillary Clinton. Dans son rapport, il l'avait toutefois accusée d'avoir fait preuve d'une «négligence extrême». La secrétaire d'État avait mis en péril des «informations hautement sensibles» auxquelles des espions étrangers auraient pu avoir accès, avait asséné M. Comey.

Le FBI avait enquêté sur le contenu de messages électroniques de l'ancienne chef de la diplomatie et il en avait découvert 110 qui contenaient des «informations classées» secrètes.

Plus de 2000 messages ont été classifiés a posteriori, car contenant des informations confidentielles ou secrètes. Les républicains avaient alors reproché la démocrate d'avoir «menti» et d'avoir risqué d'exposer et de disséminer des informations ultrasensibles pour la sécurité nationale des États-Unis.

Malgré les consignes gouvernementales de sécurité, Hillary Clinton avait utilisé quand elle dirigeait la diplomatie américaine une messagerie privée, via un serveur privé installé dans son domicile de Chappaqua, dans l'État de New York, au lieu d'avoir recours à un compte gouvernemental (@state.gov), risquant un piratage ou une dissémination dans le domaine public d'informations confidentielles sur ses quatre années de politique étrangère.

La démocrate a plusieurs fois présenté ses excuses, mais a toujours prétendu n'avoir rien fait d'illégal.

La saga avait débuté avec un article du New York Times daté du 2 mars 2015.

Plus de 60 000 messages avaient été accumulés en quatre ans. À la demande de son ancien ministère, Hillary Clinton avait remis pour archivage la moitié d'entre eux qu'elle considérait comme liés à ses responsabilités et avait supprimé le reste des messages considérés comme privés ou personnels.

Les messages remis, après avoir été expurgés d'informations sensibles, ont été publiés par vagues de milliers de messages par le département d'État sur ordre d'un juge.

Donald Trump est dorénavant légèrement en retard dans les sondages sur Hillary Clinton, laquelle ne peut plus se reposer sur son avance exceptionnelle d'il y a deux semaines.

Un sondage «Politico» publié lundi et réalisé ce week-end crédite la démocrate de 42% des intentions de vote contre 39% pour le républicain et 7% pour le libertarien Gary Johnson. Une autre enquête de la chaîne ABC réalisée jusqu'au lendemain de l'annonce de l'existence des nouveaux courriels ne donne qu'un point d'avance à Hillary Clinton.

Dans la même catégorie