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EXCLUSIF | Pétrolia accuse Québec d'ingérence

Alain Laforest | TVA Nouvelles

Pétrolia accuse le premier ministre Philippe Couillard et son ministre de l'Environnement d'ingérence dans l'exploration du pétrole d'Anticosti.

TVA Nouvelles a mis la main sur une procédure judiciaire qui a été déposée lundi au palais de justice de Québec.

Dans le document d'une vingtaine de pages, les procureurs de Pétrolia Anticosti écrivent que «Le Programme Anticosti [...] fait désormais face à de nombreux obstacles découlant de l'ingérence et de l'hostilité du premier ministre Couillard et du ministre Heurtel».

Ils ajoutent que «le ministre Heurtel a sciemment retardé l'analyse d'une manière qui met aujourd'hui à risque la progression et la réalisation du Programme Anticosti».

Pétrolia s'adresse aux tribunaux pour forcer la main au ministère de l'Environnement afin qu'il accorde une modification à l'un de ses permis d'exploration. 

«Oui on veut forcer la main du ministère, clame le directeur des Affaires gouvernementales de Pétrolia Jean-Francois Belleau pour qu'ils respectent les engagements qu'ils ont pris.»

La pétrolière veut amorcer la préparation de ses trois forages par fracturation prévus pour l'été prochain à son contrat, forages qui ont été autorisés par le gouvernement.  

En août dernier, Pétrolia a demandé une modification d'un de ses permis. Elle voulait déplacer l'un de ses sites de forage «pour limiter les impacts de cette captation d'eau  sur les rivières à saumons d'Anticosti», peste M. Belleau.

La pétrolière affirme qu'elle ne peut commencer ses travaux pour accumuler de l'eau qu'elle n'aurait pas à pomper dans les rivières à saumon.

Presque trois mois après avoir fait sa demande de modification, la compagnie attend toujours l'autorisation pour entamer ses travaux de préparation ce qu'elle qualifie de délai déraisonnable. 

La semaine dernière, le Journal de Québec révélait que ce retard administratif allait entraîner des coûts supplémentaires de deux millions de dollars pour les contribuables.

Depuis la conférence de Paris, le premier ministre Couillard a multiplié les déclarations pour dire que jamais le délabrement de l'île d'Anticosti ne porterait sa signature ajoutant toujours qu'il allait respecter le contrat signé par le gouvernement Marois. Pétrolia s'interroge sur ce nouveau délai administratif

«Pour moi c’est assez incompatible avec la mission même du ministère de l'Environnement, souligne Jean-François Belleau. Reste à savoir comment les gens vont lire ça. Est-ce que c'est d'entêtement politique ou c'est simplement un retard administratif, la je vais laisser la population juge de ça», conclut-il.